1er octobre 2009 - «Jamais 2 sans 3 »
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Mais puisque, me voilà seule, dans cette chambre à deux lits, un peu de répit, après ces plaintes, ces appels incessants de ma voisine de lit.
Répit de courte durée ! Ouverture en grand des portes de la chambre et je vois passer, à travers les fentes de mon paravent, le chariot d’une « autre voisine », âgée aussi, que l’on installe à la place de la première… Je dis « bonjour madame » et elle non plus ne répond pas !
3ème matin : Je vois que la chambre « en face » est vide…J’interroge les infirmières sur la santé de ma première voisine de chambre : Pas de réponse :Est-elle vivante ou morte , ? Voilà ma question : Humainement, on ne peut pas passer deux jours et une nuit dans la même chambre que quelqu’un sans se préoccuper de ce qu’elle devient, non ? Puisque ma philosophie est qu’une seconde de vie humaine est plus importante que tout, c’est « le minimum » que je m’interroge ! La dignité de la vie, ça existe non ?
Retour à mon lit, perfusions, prises de sang, interdiction de bouger, de me soulever, bassin, lumière en pleine figure…Ok.
Réveil tous les quarts d’heure par les infirmières car ma nouvelle voisine semble assez mal en point ; J’en oublie mon embolie pulmonaire, mon asthme, mon ulcère à l’estomac, ma possibilité de phlébite, mon besoin de dormir, dormir. Dormir SVP ! Et toujours en punition entre le paravent et la fenêtre qui me glace le sang, je cogite …
J’insiste tellement sur ma première voisine, qu’une aide soignante me dit enfin : « C’est fini, mais je ne vous ai rien dit. Surtout, je ne vous ai rien dit » !
Comme je pratique le bouddhisme depuis bientôt 40 ans, et que pour moi vie et mort sont inséparables, (éternité de la vie) je vais durant 4 heures me concentrer sur la mort de ma première voisine et sur la vie de celle qui la remplace dans le lit d’à côté.
Seulement rebelote ! Même remue-ménage perçu derrière mon paravent. Et là je comprends que, dans les pronostics, je devais s être la première à être emportée sans ménagement dans la chambre d’en face, la première à partir. Et le lendemain matin, c’est une « petite jeune de 25 ans environ que l’on conduit sur le lit d’à côté….
Elle, ce n’était pas grave paraît-il ! Mais tous ces contre temps -vie-mort- m’ont donné l’énergie de parler « à l’un des grands chefs », de ceux qui font la pluie et le beau temps. Et le soleil est revenu ! Une heure après j’étais transférée à un autre étage,dans une magnifique chambre nouvellement refaite, en rose s’il vous plaît, où devais passer un mois « chouchoutée » et ne pas en partir les pieds devant, très bien soignée.
PS : pendant ce mois j’ai écrit un livre sur ce qu’est au jour le jour pour un malade grave « un hôpital ». Mais pas de poème : C’est peut-être là que l’on se dit qu’avoir réussit sa vie « de couple » représente certains avantages...