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1er octobre 2009 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

«Jamais 2 sans 3 »

En pleine nuit, violente crise d’asthme, alors que je suis arrivée dans le Gard depuis 3 semaines environ.. Conduite aux urgences par ambulance, grâce à l’appel de Rosa qui me sait au plus mal, (masque à oxygène, perte de conscience, e t c … ) je me retrouve propulsée dans une chambre exiguë, à 2 lits ;   Une femme âgée,  alitée , me regarde  passer et ne répond pas à mon bonjour .!  OK. ! Elle semble regarder la télé  (une  télé pour deux, l’écran dirigé vers son lit.)  On m’installe derrière un paravent, et là, à demi comateuse, j’essaie de méditer sur la situation.
Fils dans le nez, la bouche, les bras, perfusions etc.,  je vais ainsi passer la journée et la nuit à m’interroger sur mon possible devenir
Seconde journée  aussi pénible à vivre, à côté d’une voisine qui réclame  sans arrêt à grands cris « sa sœur ». Moi  je suis vivante,   donc merci les pompiers,  l’hôpital d’Alès et Rosa !
Dans la chambre la télé s’est arrêtée, mais la voisine n’arrête pas de sonner les infirmières. Plus que rapides ses enfants viennent la voir, et tentent de la faire parler sans succès. Ils  partent sur un  « au revoir à demain, maman  » qui me fait réfléchir …. De mon lit, derrière ce paravent, je trouve tout cela inquiétant .Et voilà que subitement  « on déménage la voisine »: changement de lit, lavage du sol, des murs, ouverture de la fenêtre sans une parole à mon endroit.. On l’emporte sur un chariot sans une explication ! .Tapage de 5 ou 6 aides-soignantes, femmes de ménage et puis plus rien ! Derrière mon paravent, me voilà songeuse. Je parviens à me lever et je vois qu’on a transféré  ma voisine dans la chambre juste en face dans le couloir : Et moi qui réclamais une chambre seule ! On a préféré la lui donner, à Elle !
Absence

Il s’en est allé de moi
Grand dieu combien j’ai eu froid
Une heure, un jour ou un mois
Pourquoi donc un tel effroi ?

Il a voulu s’en aller
« Tu n’as rien à expliquer
C’est bien de se balader ! »
… Mais quelle mouche l’a piqué ?

Il avait d’autres envies
Grand dieu combien je m’ennuie
Sera-t-il ici lundi ?
Tiens, en plus voilà la pluie …

Il en avait plein le dos
Je parle, mais plus d’écho,
Il lui fallait du repos !
Pourvu qu’il m’écrive un mot.

Quand il sera revenu
« Reviens car je n’en peux plus ! »
Je lui dirai bienvenue,
Mais en fait …  reviendras-tu ?


Simone Raton
15 février 1974
  
Absence