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21 mars 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Les mots : ce qu’on en fait

Peu d’idées. Comme j’ai très très chaud, je prends le temps de vérifier. J’ai bien de la fièvre ce qui ne m’arrive pratiquement jamais. Le cancer est-il en train de reprendre du terrain ? C’est l’incertitude qui est difficile à vivre, et qui tente de capter votre énergie
Je songeais aux mots, et aux expressions que le langage populaire a utilisées pour en faire des phrases toutes faites. Exemple le mot tomber.

On « tombe enceinte » ! Mettre au monde un enfant un animal, un livre, c’est un acte d’amour. Toute création est un acte d’amour, sinon cela ne constitue qu’une réalisation monétaire. Lorsque l’on a un enfant « on l’élève » : par contre si l’on tue quelqu’un « on le descend » !

-« Tu tombes bien » ou « tu tombes mal ! », phrases d’égoïste, car lorsque l’on rend visite à un ami ce n’est pas spécialement pour tomber. 

« Je suis tombée par hasard sur »… Mais non ! Lorsque l’on a vérifié qu’il n’y a pas de hasard, qu’il n’y a qu’une loi de « cause à effet » on ne « tombe pas de haut »,  ni « raide »,  ni « sur le cul », ni « dans les pommes » on ne tombe pas du tout ! On ne « tombe sur la tête » que parce que votre vis-à- vis n’est pas de votre avis.

Une de mes amies m’a souvent reproché : « toi qui es poète (ce n’est pas moi qui le dis) tu ne fais jamais de mots croisés, de mots fléchés, etc.  J’aime les phrases, les pensées exprimées oralement ou par écrit, mais je ne sais pas « jouer » avec les mots.
Par ici, depuis  une dizaine d’années, des associations ont mis en place des « ateliers d’écriture » un peu partout. J’ai assisté à plusieurs de ces ateliers. Rien à ajouter.

Si au moins la poésie, apprise correctement, a la capacité d’entretenir la mémoire. C’est toujours ça, non ?
Ah ! les mots

Les mots tournent dans ma tête
Quelle étrange cacophonie !
Agglutinés, ils s'entêtent
A me tenir compagnie.

Les mots en moi, se précipitent
Ils jacassent sans pitié
Emprisonnés, ils s'agitent,
Comme crabe en un panier.

Les mots me fouillent, me dévorent,
Je suis par eux, condamnée
A écrire, à décrire encore
A noircir sans fin du papier.

Les mots agglutinés s'entassent,
Je vais devoir les expulser
Ou bien les remettre à leur place
Afin de m'en débarrasser.

Ils me relancent les voraces,
Ecris, compose, n'attends pas.
Il n'y a plus en moi de place
Pour autre chose que leur voix.

Ah les mots, prenez donc la porte
Laissez-moi un peu m'amuser
Laissez-moi vivre, en quelque sorte
Au lieu de toujours radoter.


Simone Raton
1977
Ah! les mots