2 mai 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
Avec d’abord le cœur Ou … l’intelligence ?
Je sais à présent pourquoi j’ai désiré mettre quotidiennement, avant la publication de chacun de mes poèmes (et avant que je me trouve brutalement privée de la parole), des préambules sur ce site. J’avais encore le pouvoir des mots dits, échangés.
Je n’avais jamais réalisé à quel point ce pouvoir était important.
L’o.r. l. consulté pour mon aphonie installée depuis huit semaines avait précisé que, sous peine de ne plus pouvoir parler du tout, il était nécessaire que je rencontre le plus rapidement possible un ou une orthophoniste. Renseignements pris, le minimum d’attente à subir chez tous les orthophonistes cévenols consultés, était de quatre mois !
Madame J. orthophoniste a eu la gentillesse de me fixer rendez-vous dans la semaine .ce dont je ne lui serais jamais assez reconnaissante.
Mais pourquoi, après une longue et minutieuse consultation, Mme J. -bien décidée à ce que je retrouve l’usage de ma voix-, a-t-elle tenu à me préciser : « si vous tenez à guérir de votre corde vocale paralysée, vous devez faire totalement silence ».
-Alors juste la télé ?..
« Non, pas la télé, la radio… Le silence. Le silence en vous et…autour de vous ».
C’est qu’en fait peu de gens savent, ou acceptent, de dialoguer. Avec ma sœur Annette, depuis toujours, lorsque je lui expose un point de vue sur un sujet quel qu’il soit, elle ne m’interrompt pas, a même l’air d’approuver mes allégations. Puis, paisiblement, sans violence, sans agressivité aucune, avec des images qui sont les siennes, elle finit par me faire entendre un point de vue qui est bien souvent opposé au mien et qui cependant ne déclenche chez moi aucune « colère ». Lorsque je la quitte, sans avoir eu besoin de me justifier sur mon comportement ou mes propos, j’emporte en moi ses explications.
Troublée, je repense longuement à ces propos. Je réalise alors que je suis heureuse d’avoir abordé avec elle tel ou tel problème que je pensais résolu mais qui, pernicieusement, continuait à trotter dans ma petite cervelle. Et, curieusement, ultérieurement le plus souvent, je révise ma façon de penser, apparamment encore et toujours basée sur mon tout petit égo. Je ne change pas forcément ma pensée, mais je la modifie pour la rendre plus digeste pour « l’autre » qui est en face de moi. Je dirais qu’à force de m’interroger, je la rends plus humaine, plus en accord avec ce que je souhaite pour que la paix s’installe véritablement, un jour…. dans le monde.
De retour dans les Cévennes, la signification du mot dialogue ?
Le dialogue de cœur à cœur et non d’intelligence à intelligence.