Jeudi 9 décembre 2010 - Porter le chapeau ? Tirer son chapeau ? Petite histoire de chapeaux !
Calais : je venais d’arriver. Pleine forme, voiture en parfait état, pas de soucis financiers : Acheter sans avoir à regarder l’étiquette, à comparer les prix, enfin ce que j’appelle vivre tout bonnement. J’avais fait la rencontre de D. femme d’une soixantaine d’année qui avait eu la douleur de perdre deux de ses fils en mer, très récemment. Touchée par ses malheurs je lui transmettais ma foi quotidiennement pour tenter de l’aider à sortir de sa souffrance.
Elle n’avait pas de voiture et j’allais la chercher, en bas de chez elle (il fallait traverser tout Calais) ; Je la ramenais chez elle ; Nous prenions un pot au bord de la mer ; Il nous arrivait d’aller ensemble au restaurant ; Je lui parlais livres ; J allais avec elle au cinéma ;.
Etc. etc. en toute amitié.
Jean-Luc, véritable ami, m’avait gentiment mise en garde : très gentille, cette femme, mais elle cherche un homme et une voiture : Jean Luc la connaissait, tous deux étant natifs de Calais, mais bon ! Je n’avais pas cru utile de comprendre ce message discret et un peu bref.
Au cours de nos promenades, Denise m’avait expliqué que sa passion à elle c’était « les chapeaux ». Très influencée par les nombreux carnavals de Dunkerque et du Nord en général, elle en avait une trentaine qu’elle désirait me montrer, chapeaux de sa fabrication enfouis dans une armoire : Elle aurait aimé exposer les dits chapeaux, en fabriquer d’autres, peut-être les vendre, seulement elle n’avait jamais osé, elle était timide, ne savait pas comment les présenter, auprès de qui s’adresser…etc. etc. etc…
Forte de ce que j’avais appris lors des expositions de sculptures et peintures à la Galerie C.B à Paris, j’ai décidé de la soutenir dans cette passion. Elle a donc fini par exposer dans certaines vitrines Calaisiennes : transport, manipulation, supports insolites à trouver m’incombaient mais ce n’était pas dénué d’intérêt ! J’ai même fait un texte en vers pour valoriser ses œuvres. Normal !
Avec le temps, ma philosophie a commencé à moins l’intéresser : Au fil des rencontres je devais apprendre qu’elle avait non seulement une fille en vie, mais encore un fils, propriétaire d’un des plus beaux et gros bateaux de pêche de Calais…Avec un stand sur la jetée pour la vente des poissons pechés chaque jour. Seulement avec ce fils là ce n’était pas l’entente parfaite.
Ce qui devait arriver arriva ! Au bout de quelques mois, bien formatée pour la présentation de ses délicieux chapeaux, Denise m’a annoncé qu’elle avait trouvé des lieux adéquats qui acceptaient de l’exposer ; Par la même occasion elle m’a fait savoir qu’elle avait rencontré un ami….et qu’elle allait habiter chez lui sous peu…. Il était effectivement propriétaire d’une villa, et… d’une grosse voiture. Quant à ma philosophie, finalement, ce nouvel ami n’étant pas trop d’accord pour qu’elle continue à la pratiquer, elle aurait moins besoin de me rencontrer.
Comme quoi, il ne faut jamais mélanger la foi et l’intérêt.
Peut-être aussi cesser de croire tout ce que l’on vous conte et raconte.
J’écris cette petite histoire sans prétention mais véridique, puisque grâce à cette femme, je me suis amusée à écrire le petit texte qui suit, afin de ne pas émettre de critique à son encontre.