13 juillet 2010
Depuis des mois j’attends quelque chose qui ne se produit pas : que j’aille mieux, que j’ai envie de vivre comme autrefois, c'est-à-dire de dépasser spontanément les problèmes quotidiens, la maladie et l’obsession de la mort, du pourquoi je continue de vivre alors que je ne sers à rien qu’à compliquer la vie des autres, de l’âge que j’ai, ce qui avant ne m’a jamais posé de questions ?etc.
Plus envie d’écrire, plus envie de communiquer du tout puisque, sans « la voix », les dialogues, les échanges, les réponses avec X ou Y, les long conciliabules se passent exclusivement à l’intérieur de mon cerveau.
Puisque je dois me contenter d’entendre sans pouvoir répondre, expliquer, me justifier, dire, dire.
Terminée cette envie d’écrire sur mon petit PC, dont j’a été privée plus de deux mois, puisqu’il était tombé en panne, comme si lui aussi se mêlait à mon désarroi impossible à contrôler, à chasser !
Et puis cette nuit, à minuit précises, je me suis réveillée « euphorique », heureuse et contente, débarrassée de ces questionnements dont je suis, depuis des mois, la victime involontaire : « cancer qui a redémarré, médecins, hôpital, manque d’argent si je n meurs pas rapidement !, ma fille qui va accoucher, les « blattes » qui la nuit envahissent ma cuisine dans ce HLM et avec lesquelles je me bats au milieu de la nuit, les mômes, nouveaux habitants dans le quartier, qui bruyants, sans éducation, jouent dans ma rue et m’empêchent de profiter des bienfaits de ma terrasse !, la chaleur du sud qui me fait regretter Calais et sa petite pluie fine, la mer, les bains et… et…
Je me suis éveillée avec, dans ma tête une chanson : Bécaud chantant très fort :
« Et maintenant, que vais-je faire,
de tout ce temps, quelle sera ma vie,
et tous ces gens, qui m’indiffèrent,
maintenant que tu tu es partie…
et puis un soir, dans mon miroir
je verrais bien La fin du chagrin ».
C’était lancinant. J’entendais nettement la voix du chanteur comme lorsque tournent ces vieux disques rayés qui, bloqués, diffusent… un message !
C’était d’autant plus surprenant que tout à l’heure je dois me rendre à l’hôpital pour « commencer une chimio, afin de me soumettre au triste verdict du corps médical d’Alès pour les mois à venir !
Que, pour ce faire, il m’a fallu accepter d’annuler les 15 jours de vacances que je me réservais pour aller, à Gannat, assister avant de mourir, à un festival des cultures du monde, Festival programmé du 14 au 27 juillet.
Je me suis rendormie persuadée qu’à mon réveil j’aurais oublié cet épisode nocturne. Eh bien non, victoire, j’ai enfin eu envie de me lever sans attendre pour reprendre, sur mon petit PC le dialogue, par l’écriture et non par la voix, que j’appelais « PREAMBULES ».
Voilà ! Je vais aller prendre, enfin avec joie, mon petit café au lait : Depuis tous ces mois où je me bats avec moi-même pour accepter de continuer de vivre ! Le fonctionnement profond de l’âme humaine me subjuguera toujours, c’est pour cela qu’il ne faut pas douter, et persévérer, quoi qu’il advienne, au plus noir de l’angoisse. Pour le coup, je vais déjeuner…