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13 mars 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« Echappées Belles »

Je critique, je critique souvent,  moi aussi, la télévision. Pourtant, lorsque j’ai le courage de prendre le temps de « choisir » vraiment une émission, que le temps passe vite et que je suis heureuse de vivre à notre époque !
Ce matin 1h30 de magnifiques paysages, à travers villes et campagnes : Commentaires clairs, bien faits, qui vous donnent la sensation de voyager tout  en paressant dans votre lit. A part ces  odeurs  d’herbe, de sous- bois, de terre qui forcément font défaut, je me suis baladée sur la Volga, la Tamise, la Seine, les canaux  comme dans un rêve.
Bouquet

Tu ne sais pas combien j’ai aimé tes tulipes,
Non : pas pour leur couleur.
Non : pas pour leur odeur.
Non : pas pour leur fugitive beauté,
Ou leur incomparable pureté ...
Non : je les ai aimées car elles venaient de toi
Avec tout ce que tu as de gentil, de droit.
Avec toute cette violence insoupçonnée
Masquée sous tes allures raffinées.

C’est pourtant vrai que j’ai aimé tes tulipes,
Ces fleurs qui sont l’essence même de toi
Ces fleurs si se referment à chaque fois
Qu’il n’y a pas de soleil - ou qu’il fait froid.
Ces fleurs qui semblent si indifférentes
Mais qui ne sont que tendresse latente.
Je suis triste : tes fleurs ne feront pas le poids
Contre le temps - qui gagne - gagne à chaque fois
Ce temps qui saura bien me séparer de toi.

Je ne devrais pas parler de ces tulipes
Je devrais m’esclaffer devant les fleurs des champs
Devant de simples fleurs qui coûtent quelques francs.
Mais l’on aime, parfois, hélas l’inaccessible ;
Ainsi ces fleurs qu’il ne faut jamais approcher
- Elles sont dangereuses - et vont vous accrocher
Comme ces inhumaines plantes des tropiques
Comme ces chardons bleus, que j’adore, et qui piquent,
Et qui ne savent vivre qu’en pleine liberté.

Je ne parlerai plus jamais de ces tulipes,
Mais si je t’entretiens, un soir, de la Hollande,
De ce pays où tout est plat, où tout est landes,
Sache qu’alors je songerais à toi
A tes accords, à ta musique, à ta voix.
Je parlerais afin de n’être pas émue,
Je tricherais, pour taire que je serais mue
Par le désir de te voir arriver
Porteur d’autres tulipes, que je pourrais aimer.

A Philippe R.
Simone Raton
Mars 1973
Bouquet