15 janvier 2010 - S.R.
C’est parce qu’avec le temps, on ressent en soi le besoin d’exprimer sa propre pensée, son intériorité, (cette ouverture qui ne se produit que grâce à l’étude approfondie de Grands prédécesseurs, humanistes avant l’heure !) qu un jour on se permet D’ ECRIRE
Mais, s’il vous plaît, sans le secours de drogues, alcools, additifs, dont on ne devrait jamais avoir besoin, si l’on est poète. . Le vécu, et sa la réalité, vous impose de transmettre ce que vous avez vu. Car vous pressentez ce qui va s’ensuivre de « dramatique », si on laisse aller les choses, si la société toute entière ne se sent pas concernée par le « devenir de l’humanité »…
Si chaque individu ne se sent pas responsable, tel qu’il est, quel que soit le lieu où il se trouve.
Un ami- très catholique-croyant – était venu me chercher pour me demander de venir dire chez lui des poèmes d’amour, « pour des jeunes en souffrance extrême » m’avait-il dit.
-Quartier de Clignancourt, vers les 23 heures, chez cet ami- : Allongés par terre, effondrés dans des fauteuils, recroquevillés, une vingtaine de jeunes, ( moins de 18 ans) étaient là : La musique à fond, pour des….. presque morts… Je devais apprendre par la suite que cinq d’entre eux n’avaient pu être sauvés, malgré leur hospitalisation probablement…. tardive ! : Il fallait tant de courage, à ce moment là, pour se préoccuper sérieusement de « drogués, comme cet ami le faisait, par simple devoir d’humanité. Cet ami, qui faisait chaque soir un tour du quartier pour les conduire chez lui, au chaud, afin de ne pas les laisser « crever » de froid dans les rues !
J’ai dit « des poèmes d’amour, puisque j’étais venue pour cela. Et beaucoup d’autres bien sûr ! J’avais un tel désir de communiquer l’envie de vivre, à ces enfants !
De retour chez moi, désespérée, j’ai écrit :
Par la suite, lors de chaque soirée poétique que j’ai eu l’occasion de présenter, j’ai « dit » le poème que m’avait inspiré cette soirée. . Trop tôt ! Le public qui n’avait pas vu et entendu comme moi la souffrance de ces moribonds NE ME CROYAIT PAS : en 1974, les drogues douces ou dures, cela faisait sourire…. Cela ne pouvait concerner que « quelques illuminés, qu’on ne devrait même pas accepter dans nos hôpitaux ! »
PS.J’ai vécu trois ans à calais dernièrement – Voir à stellérides -
Douloureux à vivre la situation des émigrés à Calais, certes ! Mais moins encore que ces adolescentes et adolescents qui commençaient à se détruire eux-mêmes, par jeu, par manque des autres, par manque d’amour, par manque …par tant de manques !!!