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Cet Arbre

Regarde bien cet arbre, réfléchis un peu :
IL se dresse, il est fort, il te parait heureux;
Bien que né dans le froid, il mourra dans le feu.
Il vit semblable aux hommes, mais redoute leurs jeux
Il risque de périr contaminé par eux.

Si l'homme crée encore des usines à tuer,
Qui empoisonnent l'eau, dont l'arbre s'est gorgé,
Qui ne permettent plus aux pousses d'absorber
L'eau  du  ciel,  le  soleil,  sa  luminosité.

Si l'homme s'évertue longtemps à déboiser,
Pour que jaillisse du pétrole à satiété
Pour expérimenter, contre l'humanité,
Quelque nouvelle idée pour tout exterminer,
Sur nos terres d'amour, sur nos terres de blé.

Si l'homme continue de tant polluer, polluer,
Qu'un jour même les chênes cesseront de lutter,
Et pourriront sur place, avant d'avoir été,
Avant d'avoir donné leur ombrage l'été,
Avant d'avoir vécu ce pour quoi ils sont nés.

Si l'homme ne prend pas le temps de repenser
A la nature : s'il sacrifie beauté, bonté
Pour son propre profit : si par stupidité
Il omet de s'asseoir sous l'arbre et de l'aimer
Assez pour refuser qu'il soit assassiné.

S'il oublie d'être un homme et de s'interroger
Sur le rôle  qu'il doit " réellement " jouer.
S'il explique la vie, l'amour en excédent,
S'il veut refaire le monde, sans coeur en dedans,
Même cet arbre, nous ne l'aimerons plus  longtemps.

Simone Raton
Mai 1974
2 janvier 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Toute ma vie j’ai eu des chiens ; De très, très, gros ; des moyens ; des tout petits . Et bien sûr, je faisais toujours une petite halte là où, dans Paris ou sa banlieue,  il y avait un ou plusieurs arbres, pour le chien -et un peu pour moi aussi-.

Entre autres, sur  une placette que j’affectionnais particulièrement, se dressaient cinq magnifiques chênes : c'était le mois de mai, le ciel était d’un bleu sans nuages, seulement, oh surprise, les cinq arbres avaient disparus ! coupés !
Cet Arbre