20 janvier 2010 - S.R.- « Il faut savoir Sortir de l’illusion »
Difficile de « faire court » ; de ne dire que l’essentiel sans s’étendre sur le sujet.
LA MER….C’est comme si à l’intérieur de moi j’avais toujours eu ce besoin de « la mer ». Alors, lorsque j’ai « accepté » de mettre un enfant au monde, j’ai décidé de lui donner tout ce qui m’apparaissait être « le bonheur » …La vraie vie : pas la vie factice des villes comme Paris ; pas une vie où l’argent vous fait défaut, vous mettant en dépendance.Je ne voulais pas d’enfant afin de ne me consacrer qu’au théâtre, jouer sur une grande scène : J’y croyais. Je n’y étais pas parvenue. Par contre j’étais « devenue riche » grâce à mon seul travail, à ce que l’on m’avait inculqué dans l’enfance, TRAVAILLER.
Donc, l’unique enfant que « j’allais avoir » (j’avais 40 ans !) naîtrait. Mais cet enfant naîtrait pour être « libre ». Libre grâce à ses parents, grâce aussi à la liberté que me donnait l’argent acquis par Mon travail ; travail acharné durant plus de vingt ans qui permettrait, à ce nouveau venu sur terre, de goûter au bonheur : vivre au soleil, au bord de la mer, là-bas dans le Sud où le ciel est d’un si beau bleu …Pour être heureux « à deux, puis… trois ». Maison et grand restaurant réunis- j’avais « choisi », d’aller m’installer au bord de la mer, (accès direct sur la plage s’il vous plaît !) à Marbella. L’Andalousie… Le rêve ! …. En quelques mois, je perdrais tout.
-Le pire : mes illusions sur l’homme, les hommes, l’engagement, la parole donnée.
-L’impensable : Maison et le restaurant « La Bonne Auberge » : cette superbe acquisition, dont j’étais fière, qui allait faire l’objet de la plus grande escroquerie que j’ai eu à connaître au cours de mon existence. Tout perdre, sauf l’enfant que je portais et dont,- faute de temps !- je me préoccupais fort peu.
Je croyais que j’aurais un garçon, j’ai eu une fille.
Je croyais que cet enfant aurait un père : celui-ci est parti avec une autre femme, - (de son âge il est vrai), - le jour de la naissance de Notre fille.
C’est, finalement, d’une mère totalement ruinée, - désespérée et de la vie et des hommes, - enceinte sans que quiconque soit au courant – (hormis ma sœur qui m’avait convaincue de ne pas me faire avorter-) que, par une glaciale journée d’hiver,
MA FILLE A VU LE JOUR, à Paris, un certain 12 février 1970 .
Césarienne dans une clinique catholique !!! (la seule qui ait accepté de me prendre en « urgence » et pour laquelle j’ai dû emprunter à des amis afin de pouvoir « récupérer MA fille »… L’Espagne, la tant chantée, ne m’ayant laissé le moindre copeck pour survivre et pouvoir régler les frais de clinique…
Et ce - Sans avoir jamais consulté, à 40 ans, un docteur, durant mes neuf mois de grossesse.
- Après avoir fait le trajet « Paris-Marbella aller-retour » plus de cinq fois en conduisant ma petite voiture décapotable, et plus d’une fois par la voie des airs.
- Ouvert et fait fonctionner – seule- un temps très court- ce magnifique restaurant « LA BONNE auberge ».
Pour parvenir à remercier « La Vie » de m’avoir donné la fille que j’ai, il me faudra du temps. Contrairement à son père, (les chiens font-ils parfois des chats ?), car, Elle ne m’a jamais déçue. Le 19 janvier 1973 j’écrirais CHATEAUX EN ESPAGNE
P.S : C’est, de retour au bord de la mer, (du Nord, cette fois, à Calais), que j’ai appris que le géniteur de ma fille était décédé. Curieux, les vies ! Serge L. avait vingt ans de moins que moi. Enfin, merci à lui : Avec le temps j’ai compris la loi de causalité, et remercié la vie d’avoir eu « un enfant ».Et puis… j’ai un écrit ce poème.
Un parmi tant d’autres : Un peu comme les enfants mais… tellement moins précieux !