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19 janvier 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« Il faut savoir Sortir de l’illusion ». Difficile de « faire court » ;  de ne dire que l’essentiel sans s’étendre sur le sujet.
LA MER….C’est comme si à l’intérieur de moi j’avais toujours eu ce besoin de « la mer ».      
Alors, lorsque j’ai « accepté » de mettre un enfant au monde, j’ai décidé de lui donner tout ce qui m’apparaissait être « le bonheur »  …La vraie vie : pas la vie factice des villes comme Paris ; pas une vie où l’argent vous fait défaut, vous mettant  en dépendance. Je ne voulais pas d’enfant afin de ne me consacrer qu’au  théâtre,  jouer sur une grande scène : J’y croyais. Je n’y étais pas parvenue. Par contre j’étais « devenue riche » grâce à mon seul travail, à ce que l’on m’avait inculqué dans l’enfance, TRAVAILLER.



Pourtant, nous étions parvenus où il fait chaud,
Où tout est clair, où tout est beau.
Tout pouvait encore être simple, comme un jet d’eau,
Absolu, indestructible, comme un tombeau.

Comme il te fallait à tout prix des nuages,
Les cieux t’ont exaucé. Du bout de l’horizon
L’ouragan s’est levé, la tempête a fait rage,
Les éléments - furieusement redevenus sauvages -
Soudain se déchaînaient et te donnaient raison.

Là-bas, il ne faisait plus du tout chaud.
L’eau s’infiltrait jusque dans les tombeaux.
Le vent s’acharnait contre les radeaux.
Toi, tu ne songeais qu’à sauver ta peau !

Tu voulais retourner en ville,
- Toi qui disais aimer la liberté !
Là-bas où tu rencontrerais bien d’autres filles,
Auxquelles tu tairais longtemps la vérité.

Toi, dont le cœur n’était plus chaud ;
Toi, qui me poussais au tombeau,
Pour boire à un autre jet d’eau ;
Toi qui m’avais fait un enfant si beau.

Un enfant qui aimera les villes,
Qui, de porter mon nom sera, peut-être, heureux  ...
Un amour de petite fille,
Qui n’aura jamais les yeux bleus.

Les yeux comme là-bas
Où nous disions qu’il ferait chaud,
Le teint comme là-bas
Où nous pensions qu’il faisait beau,

Quelque chose que nous voulions semblable à un jet d’eau,
Absolu, indestructible, comme un tombeau.



Pour S
Simone Raton
19 Janvier 1973
  

Châteaux en Espagne


Je disais : « Nous quitterons la ville »
Et nous serons heureux.
Nous ferons un petit garçon ou une fille,
Quelque chose qui aura les yeux bleus.

Des yeux comme là-bas où il fait chaud,
Le teint comme là-bas où il fait beau.
Quelque chose de fragile, comme un jet d’eau,
D’absolu, d’indestructible, comme un tombeau.

Je disais : « Tu auras la mer et la montagne »
Tu oublieras l’enfer où nous vivons.
Je serai ta verte campagne,
Toi, l’univers dont nous rêvons.

Nous partirons, tout là-bas où il fait beau,
Où tout est clair, où tout est chaud,
Où tout sera limpide comme l’eau,
Absolu, indestructible, comme un tombeau.

Tu disais : « Il faut m’emporter
Loin des banlieues, loin des cités.
Aide-moi à recommencer,
Je suis un paysan qu’il faut réadapter. »

Tu verras, tout là-bas où il fait si chaud,
Tu seras beaucoup plus fort, beaucoup plus beau.
Et nous irons, semblables à ces eaux
Qui irriguent la terre, emportent les tombeaux,
Et deviennent la mer, qui guide les radeaux.


Et nous avons quitté tout ce monde d’envies.
Aux sources, nous avons cherché la vérité.
Nous avons cru que nous allions refaire la vie,
Toi et moi, en dehors de l’humanité.

Mais ...
Là-bas, il faisait terriblement chaud.
La terre craquait de n’avoir point d’eau.
Tout se desséchait, hormis les tombeaux ! ! !
Toi ... « tu t’énervais, il faisait trop beau ».

Tu trouvais notre vie trop paisible.
Tu n’étais pas assez riche, en dedans,
Pour te suffire ... déjà, je n’étais plus ta bible.
Tu n’étais plus comblé, de vivre comme « Adam ».
  
Châteaux en Espagne