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Clown

Je vais assez souvent au cirque : j’aime bien
Ce monde où se côtoient animaux et humains.
Mais, c’est du clown, du clown, dont je veux parler.
La légende prétend qu’il est triste à pleurer.

Je ne vois pas pourquoi le clown serait triste :
- Il exerce le plus beau des métiers : artiste.
S’il est vrai que, par le rire, l’homme existe,
Que fait le clown, le clown, sur la piste ?

Devenir clown, extraordinaire épopée !
A moins de n’être clown que pour « manger » !
Par faim, a-t-on le droit de faire ce métier ?
- Je connais des bouffons dont j’ai grande pitié !

Pour le respect du nom « clown » tu te dois superbe :
Certes dans le costume, plutôt dans la verve,
Dans le mot qui jaillit, atteint juste son but :
Pas dans un texte plat, pas dans du déjà vu.

Oui ! J’adore les clowns, je les trouve beaux
Clinquants dans leur costume ou couverts d’oripeaux.
J’aime leurs attitudes, j’aime leurs chapeaux :
Le clown, c’est l’explication du chapiteau.

Mais être clown, ce n’est pas s’enfariner ;
S’interroger : serais-je le clown blanc, qui plaît,
Ou l’auguste, qui fait rire d’être si laid ?
Je vais vous dire, clown, pour moi, ce que c’est :
20 décembre 2009 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
       
Je viens de voir sur mon grand écran de télé « Le cirque Grüss » : je suis émerveillée par le dialogue échangé entre Catherine Ceylac et Alexis Grüss, dans l’émission « Thé ou Café ». Quelle grandeur et quelle simplicité à travers  les propos de cet homme, Alexis GRÜSS !
Quelles preuves de la valeur de tous ceux qui l’entourent, qui, dans l’ombre, réalisent les actions qui leur sont propres,  qui ne sont pas, -ainsi que l’explique Alexis Grüss-  des « numéros ». Donner au public- au risque de sa vie le plus souvent -, fait partie de ce métier.
Clown


C’est d’abord par le cœur qu’on se doit d’être clown,
Car c’est l’amour, l’amour, qu’ils veulent mendier
Ces petits et ces grands qui sont là, assemblés,
Pour que tu leur apportes un peu de ta gaieté.

Tu arrives et il y a toutes les paillettes,
Les airs de fête qui te précèdent, et ta tête !
Il y a surtout toi qui te projettes
Avec ta création intérieure complète.

Si tu n’as fait que relever, dans les livres, des mots,
- Qui font sourire - en dégustant un esquimau
Glacé comme ton cœur, alors je dis « zéro » !
Ton avenir est probablement dans un bureau !

Pour être « clown », oser en porter le nom,
Pense à l’esprit de La Fontaine, de Buffon ;
Il me semble qu’Esope, Molière, Platon,
Avaient cette pensée des clowns de renom.

Je ne crois qu’aux grandes clowns, ceux qui ont travaillé
Sans relâche, efforts assidus répétés.
« Charlot », voilà pour moi l’exemple tout trouvé.
Drôle, il l’est par le corps, aussi par la pensée.


Simone Raton
21 Août 1974