« Pourriez-vous me donner le texte de ceci...
On s’y croirait vraiment... Il est très très joli ! »
Sans doute, il est joli, tout s’est fait si petit
Le jour où sans regret, mon doux, tu es parti
« Quel est votre secret pour paraître si vraie ? »
Lorsque la plaie est grande, il me suffit d’un trait
Pour décrire à jamais tout ce que je souffrais !
« Vous devriez écrire, écrire vous va bien »
Mais il faut tant souffrir !..Oh! dis que tu reviens,
Que je n’écrirai plus mais que tu seras là,
Et que tu me prendras à nouveau dans tes bras...
A nouveau contre toi...A nouveau contre tout...
Dis que tu seras là et que je me tairai,
Et que je n’écrirai plus jamais, plus jamais !
Que jamais, plus jamais je ne serai poète
Puisque toi tu t’en vas, et que j’en perds la tête ;
Eux, ils veulent des mots, moi je ne veux que toi :
Et que ma voix se taise si je n’ai plus ta voix
Et ton rire, et tes lèvres, et tes yeux et ta joie,
Si j’écris sans t’avoir,
Si j’écris sans ta foi,
Sans ta présence,
Sans ta passion,
Si je suis vide de ton nom,
Si je suis vide de ton corps,
Si je suis vide, vide encore,
Vide .............. de tout.
Pour D.
Simone Raton
Juillet 1977