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12 septembre 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
Nous ne sommes que ce que nous croyons.     Que ce en qui, ou en quoi nous croyons.

Je viens de terminer « Un très grand amour » roman paru chez Gallimard, de Franz-Olivier-Gisbert. Je l’ai lu d’un seul coup comme on boit un verre d’eau, en réalisant que j’avais très soif : très soif de lire, de redécouvrir les autres, leurs vies, leurs pensées.
Depuis que je suis ici, dans ce Languedoc où le soleil règne en maître absolu, j’ai oublié «les livres»:

C’est à cause d’elle si tu as tant pleuré !
C’est à cause de lui si tu as tant payé !
C’est à cause d’eux tous si tu as tant souffert !
C’est à cause de Toi, si j’ai connu l’enfer.

Une cause par-ci, une cause par-là,
Une cause perdue, une larme par là,
Une cause rendue : la justice, rends-là !
Une cause t’est due ... et rien qui ne t’aida.

Tiens, curieux, tout plein de causes, peu d’effets.
La vie en rose pour les autres ! Toi, jamais !
As-tu pesé le pour et le contre ? C’est fait.
Les torts, ce sont eux qui les ont ? C’est parfait.

Aimant trop la beauté, je haïssais les glaces.
Lorsque j’en rencontrais, je changeais de chemin.
Mais m’armant de courage, je me suis vue « de face »,
Je me suis regardée comme d’autres humains.

Or, moi qui répétais « Ne soyez pas méchant »
Je sortais avec des méchants mais ... « élégants »
Sans le savoir, j’avais bien ajusté mes jumelles
Et mon optique, sur la vie, était comme elles.

Comme dans les miroirs, il faut se regarder
Pour déceler les rides, tenter d’y remédier.
Sur soi-même il est bon un jour de s’attarder,
Pour extirper le mal qui a pu s’infiltrer.

Tu es venu sur terre, et le grain a germé
Mais les mauvaises herbes les as-tu enlevées ?
As-tu, jusqu’aux racines, voulu la vérité
Toi qui n’es que les Autres, et que l’humanité.

Il faut à tout moment défricher son jardin,
Mettre soi seul en cause, le soir et le matin,
Une bonne récolte est composée de grains
Pourtant, quand on désherbe, un épi ce n’est rien.


Simone Raton
29 Octobre 1973
Coups de pieds

Il est des coups de pieds, qu’il faudrait recevoir
Tôt. Afin d’être certain qu’ils vous fassent profit.
Pas des gifles, des claques ... Un coup de pied précis,
Qui remettrait en cause un peu votre Savoir.

Un de ces coups de pieds, vraiment très profitable
Qui bouscule le corps tout autant que l’esprit.
J’ajouterais, un coup de pied très charitable
Qui, se répercutant, nous conterait ceci.

C’est en toi qu’il faut considérer les choses.
C’est en toi qu’est le germe qui fera demain,
Car si tu as l’effet, c’est que tu es la cause,
Nul autre que toi-même ne sera ton chemin.

Ce sont tes pas qui t’ont ce soir conduit ici ?
Tu le vois bien, toujours c’est toi seul qui choisis.
Le bon et le mauvais sont là à ta merci :
C’est sans doute pourquoi tu as tant de soucis.

Tu vois et tu veux tout. Tu sais tout, tu peux tout.
As-tu bien réfléchi ? Possèdes-tu l’atout
Nécessaire pour gagner toutes les batailles,
Pour, quelles que soient les circonstances, être de taille ?

Es-tu certain de ne t’être jamais trompé ?
Es-tu sûr que l’on a bien su t’expliquer
Que tu tenais entre tes mains ta destinée ?
Que ta vie, tu ne devais pas la manquer.

Tu désires changer les êtres à tous les coups.
Tu les voudrais meilleurs, tu les aimes beaucoup.
De tant d’efforts, sur eux, tu n’es venu à bout.
Tu n’as tant combattu, que pour rester debout.
Lucide, on croit innocemment avoir tout fait
Pour qu’en chaque moment, nos actes soient parfaits.
C’est toujours « l’autre » qui a décoché ce trait
Blessant, ce toujours « les autres » les forfaits.
Coups de pieds