C’était une expérience
Tais-toi ... Ta révolte est inutile ...
Qu’il s’en aille.
Ailleurs il y a la vie. Ailleurs, il y a d’autres pleurs
Encore ... qui t’attendent !
Ramasse ta petite boule de souffrance
Réagis ... Marche droit ... Et souris
Il s’en va ... Mais qu’importe
C’est ta vie à toi qu’il faut jouer.
Allez debout, et lutte, lutte, lutte encore.
Un petit effort : c’est mieux !
Regarde-le bien en face.
S’il s’en va c’est que tu l’as déçu. Ou qu’il ne te méritait plus.
Laisse le temps t’expliquer le pourquoi.
Le temps te dira tout, plus tard, et tu riras ;
Mais oui, un jour, tu pourras en sourire, en parler longuement, en médire.
Mais attends, c’est trop frais.
Il faut qu’un peu de temps passe pour que tu ne fermes pas ton cœur
À d’autres graines qui bientôt germeront en toi.
Attends la sagesse va venir ... Elle est tout près, tout près de toi.
Laisse le temps passer, lui seul pacifie tout.
Un jour tu diras « Ce grand-là je l’aimais,
Mais nous étions si peu faits l’un pour l’autre », ou bien encore
« Nous étions semblables, mais nous n’allions pas dans la même direction ».
Attends, le temps ... Cette sagesse en tout. Et puis tu verras :
Il y d’autres êtres qui te parlaient et que tu n’entendais même plus
Il y a toujours quelqu’un qui appelle ... et que l’on n’a pas entendu ...
Regarde, il s’en va et c’est bien. Bien sûr il y a cette petite douleur idiote
Dans la poitrine, et puis ces pensées, ces pensées, ces pensées ...
Ne pleure pas : cette petite boule là, au fond de la gorge,
Elle s’en ira, tout comme il s’en va ... Endors-la.
Et puis si tu l’as tant aimé, c’est qu’il avait un peu de lui à te donner,
À t’expliquer, à t’échanger, pour d’autres qui viendront après lui
Et auxquels tu diras « Je l’aimais bien ».
Voilà, tu as fait le vide, sans mot, sans regret, sans rancune surtout !
Fais le silence, la paix va revenir en toi, tu le sais bien,
Et tu verras tous ces humains qui ont besoin de ce qu’il t’apprenait,
De ce qu’il te prenait, de ce que tu étais pour lui.
C’était, c’était, ... parmi tant d’autres, une expérience.
Continue, continue, seule et droite, le chemin ...
Simone Raton
Février 1974