FOU DU ROY
Autrefois était ... le Roy,
Avec sa cour, ça se conçoit,
Les chevaliers, leurs combats,
Les artistes, le mécénat ;
Aussi le peuple, toi et moi.
Il n’y avait point de radio
Pas de télé, mais que d’impôts !
Lorsque le roi n’en pouvait plus
De problèmes, d’histoires de « culs »
Lorsque plus rien ne l’enchantait
- Ni les peintres et leurs portraits,
- Ni courtisanes au rabais,
- Ni les repas, où s’entassait,
De quoi voir nourrir le palais
D’indigestion, devant les mets,
Lorsque le Roy était « repu »
D’avoir trop aimé et trop bu,
C’est vers son fou qu’il se tournait
Car les mots du « fou » étaient vrais.
Aujourd’hui nous sommes les rois,
Nous faisons tous n’importe quoi
Mais je suis sûre qu’au fond de nous
Subsiste ce besoin, d’un fou.
Nous avons oublié les mots,
La sagesse des animaux ;
Nous ne recherchons plus le beau ;
Nous qui n’avons pas de château
Nous étouffons en nos cités
De ne plus savoir écouter
Les poètes et leur langage,
La parole, qui est voyage,
Cet échange, ce cœur à cœur :
Je crois que les mots nous font peur.
Pourtant, est-il rien de plus doux
Qu’une histoire dite à genoux
Qu’une comptine racontée
Pour le plaisir de nos oreilles :
Oh là, les fous, qu’on se réveille ! !
Car si n’existe plus le roi
Les chevaliers et leurs combats
Les artistes sans mécénats
Jamais le monde - en désarroi -
N’a eu autant besoin de toi
Eh ! Fou du Roy.
Simone Raton
23 juillet 1997