2 février 2010 - S.R.
J’ai beau me dire : Mets un peu de musique, ça te changera les idées, j’ai envie de mots.
Je revois le premier pianiste qui m’a accompagnée.
Rémy Bernadac : 20 ans, futur architecte, élégant, charmeur : Il voulait à toutes fins que je l’écoute, car il avait écrit des chansons, il avait des copains à St Germain des Prés qui désiraient l’entendre, il désirait que je l’auditionne. J’avais un lieu, un piano,la permission de deux heures du matin…
Il a tellement insisté que j’ai accepté de l’écouter. J’ai consenti à ce qu’il vienne chanter quatre ou cinq chansons de sa composition, un soir. Puis deux… Je n’étais pas qualifiée pour porter un jugement sur sa valeur en tant que chanteur, mais la gentillesse finit toujours par me troubler.
Nous avons beaucoup et longtemps travaillé ensemble : Parmi le public certains l’adoraient, d’autres n’aimaient pas ses musiques. Mais il apportait avec lui la joie, la jeunesse. Futur architecte, il jouait bénévolement, pour le bonheur de chanter, et par la suite il m’accompagnait, au piano, à l’impro.
J’écrirai « GAMME » pour lui en octobre1974
P.S. : Rémy a mis ce poème en musique et si j’ai souvent dit ce texte seule, nous l’avons aussi joué ensemble fréquemment. Je crois savoir qu’une fois par an Rémy, qui a quitté définitivement Paris, y revient donner un spectacle pour ses amis, dans une petite salle.