2 septembre 2011
A Calais je désirais m’installer dans des meubles conçus à ma dimension : Par exemple un lit correspondant à ma taille (pourquoi les lits mesurent-ils tous 2 mètres de long ?) et aux proportions de l’appartement que j’habitais.
J’ai donc trouvé un architecte qui travaillait avec une équipe de bénévoles .TOUS passionnés par le « Recyclage ». Partant uniquement de cartons recyclés des jeunes créaient toutes sortes d’objets et, entre autres, des meubles garantis d’une solidité aussi irréprochable que ceux fabriqués en bois. Les idées soumises par des clients potentiels étaient respectées à la lettre, et c’est ainsi que j’ai commandé et acheté, là-bas, des meubles –hors normes –personnalisés.
Afin de faire la promotion de l’utilisation de ce nouveau matériau les résultats les plus probants étaient exposés dans une vitrine dans le centre de Calais ; L’arrière boutique étant consacrée au travail proprement dit, stockage, etc. On découvrait ainsi certaines réalisations étonnantes, novatrices, inattendues, colorées et gaies, correspondant au goût de chaque acheteur.
De temps à autres, j’allais voir les dernières créations réalisées. A l’intérieur, parmi les objets exposés, je suis littéralement tombée en arrêt devant un « cercueil » tout Sobre, solide et léger à la fois ; Rationnel en tous points : (genre passage dans les ascenseurs, escaliers tordus d’immeubles, etc. …) ; Réalisable aux goûts et couleurs de chaque « futur consommateur ; Magnifiquement tapissé intérieurement, dans lequel Sarah Bernhard (qui couchait chez elle dans un cercueil) aurait été heureuse de dormir, j’en suis certaine. Un cercueil… sympathique !
Longuement interrogé par mes soins, le créateur de ce cercueil m’expliqua que le prix total de ce réel petit bijou se situait aux alentours de CENT CINQUANTE EUROS tout compris ! Stupéfaite du faible prix demandé pour une si jolie réalisation, je me préparais à lui passer commande. (Car, dés lors que l’on a choisi la crémation- où corps et emballage sont réduits en cendres en une heure de temps- autant partir dans un joli petit wagon à sa convenance ! ) Comme Je lui disais qu’enfin il allait faire fortune avec cette géniale idée, il s’est mis à sourire : … « Il est exposé, mais hélas, il n’est pas à vendre : Imaginez –vous ce que représente l’audace de s’attaquer à Roblot et Compagnie ? »- a-t-il ajouté avant de me quitter.
J’écris cela car, renseignements pris, vu le prix que représente un enterrement des plus simples ou une incinération classique, je comprends que l’on accepte de donner son corps à la médecine :
-D’abord La pensée, ce qui de nous est ’insaisissable’ ne brûlera jamais.
-Ensuite notre vie actuelle aura servi jusqu’au bout pour les autres.
-Et mis à part le point de vue religieux, mythes, convenances, etc. … c’est lorsque l’on est sur terre que l’on a un rôle à jouer, pas lorsque l’on est en dessous, ou partie en fumée.
PS- Pourquoi « Godot » ?
... Partir c’est mourir un peu,………… c’est mourir à ce qu’on aime.
…..Et jusqu’à l’instant suprême,……. c’est son âme que l’on sème
Que l’on sème, à chaque Adieu.
(Extrait d’un poème de S. Prud’homme)