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La harangue

Le spectacle va commencer
Allons, dépêchez, dépêchez !
Que vous soyez petits ou grands,
Pressons, pressons, on vous attend ...

Le cirque, joyeux drilles,
- Je vois que vos yeux brillent -
N’est là que pour un soir ...
Entrez et venez voir !

Rires et facéties.
Mots drôles, acrobaties !
Qui n’a pas son billet ?
Dépêchons, s’il vous plait !

Des clowns, de la magie ...
Un peu de poésie ?
Adress’ tour de passe-passe,
Des culbutes et j’en passe.

Venez vous amuser,
Venez vous reposer,
Admirez le talent
De notre grand clown blanc.

Attention les amis !
Chacun est-il assis ?
Lumières sur la piste !
Silence, place aux artistes !


Simone Raton
Septembre 1986
La harangue
3 mai 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« Roumanoff, telle quelle »

J’ai hésité à regarder hier au soir l’émission de télévision proposée sur la 3, documentaire de Matthieu Jaubert. Mais quel bonheur !
Enfin, enfin, enfin ! Je voyais quelqu’un qui -pour tout le monde en tous cas- a « REUSSI » et qui a vécu le même parcours que moi, la même passion du théâtre, des mots, du besoin de dire, de parler, parler, parler, bouger, s’exprimer : Les mêmes cours « Simon… ou autres…. » que l’on se doit d’avoir fréquenté mêmes en ne mangeant qu’un repas sur deux afin de régler le Maître, le Dieu, celui qui décide du talent que vous avez ou n’avez pas ; Les mêmes petites troupes qui « y croient » travaillent des scènes, répètent, font leurs costumes, et ne joueront probablement jamais ou si peu ;  les mêmes hommes « beaux, grands, aux yeux bleu de préférence » qui vous déstabilisent, vous prennent pour une petite rigolotte, et vous utilisent pour leur donner la réplique lorsque leur blonde partenaire est absente ; les mêmes metteurs en scène qui ne vous trouvent pas assez grande, pas assez belle, pas assez élégante, pas assez raffinée, pas assez….. pour « faire du théâtre ». Les mêmes nés « super-protégés, super fils-fils à sa maman, super-marchands de crédules, super mais oui ma p’tite dame » ; Les mêmes sang bleu…Les mêmes qui me suggéreraient à mon premier contact au conservatoire de Paris (où j’avais présenté du Molière) de faire « du théâtre de boulevard »,car « vous êtes une comique-née, vous êtes faite pour ça ! ». Interpréter des histoires de culs et de c. qui font rire, quand je rêvais de faire rire avec Molière, ses soubrettes, ses valets, qui avaient le courage de défendre le petit peuple et de dire la vérité, leurs vérités. Les mêmes qui m’avaient proposé à 18 ans, dans un bled à 30 kms de Paris, de dire des textes d’Apollinaire. D’Apollinaire ? oui mais en me dévêtant… Déjà… à l’époque !