3 février 2011-Les yeux plus grands que le ventre ? Le défaut d’avidité…, le désir de pouvoir…, qui sait ?
Pedro Alédo animait tous les soirs, avec sa guitare, sa voix magnifique et ses propres chansons - interprétées en français ou en espagnol - la cave crée par mes soins pour lui, au sous-sol du restaurant "chez Raton", 8 rue Guénégaud, Paris 6ème.
Tous les soirs. Pedro avait posé une condition « je serai là à 21 heures, chaque soir, sauf le vendredi » : A l’époque - cela je l’apprendrais par la suite - il participait activement à une réunion bouddhique qui avait lieu, partout dans le monde, uniquement le vendredi. J’avais hésité à donner mon accord à le faire travailler, car à Paris vendredi est le jour de sortie préféré par « le beau monde ». Mais Pedro m’avait présenté un de ses amis, Jean Mauzac, lequel s’était engagé à assurer le remplacement de Pedro tous les vendredis. Voix chaude, tempérament enjoué et dynamique, bel homme, chanteur et guitariste ; pourquoi pas ! Tout a fonctionné parfaitement .J’aimais bien Mauzac.
Attenant à mon restaurant, la gérance d’une boite de nuit « le Stardust » cherchait un repreneur. Mur mitoyen, au 10 même rue…
Magnifique salle de plus de cent places, et une scène …une scène comme en rêve tout passionné de théâtre !
« Chez Raton »tournait à plein régime.les achats aux Halles, ma présence continuelle au restaurant, ma fille en bas-âge, il n’était pas sage d’assumer seule la gestion du Stardust, tout en dirigeant le restaurant et la cave.
Mais en « m’associant », peut-être que …
La cave avec Pedro, Philippe Reverdy au piano certains soirs, Rémy Bernadac et ses chansons d’autres, quelques poèmes dits par Henri Villon et moi-même, nous refusions les clients. Plus d’une heure d’attente pour le restaurant et la cave.
Mais l’envie d’une vraie scène, d’un véritable théâtre me taraudait.
J’ai commis l’erreur de n’en pas parler à Pedro. Le public finissait par venir chez Raton pour y dîner, certes, mais aussi pour descendre entendre Pedro…Il était conquis par lui comme je l’avais été moi-même , lorsque je l’avais entendu chanter « Au temps perdu, » bistrot de la rue voisine où il passait pour une semaine, sans contrat…
Je me suis « associée » avec Mauzac, et un de ses amis, comédien ! J’ai passé avec une amie tout le mois d’août à transformer, rénover le Stardust avec bien sûr mes deniers ; Et en septembre,le Stardust - transformé en théâtre - ouvrait ses portes. Changeant de nom, « La poussière d’étoiles » devenait « LE JOUR DE FETE ».
Trois semaines devait durer notre association faite en bonne et due forme (notaires, papiers, etc.). Le lancement ? Réussi ! : Superbe soirée avec deux comédiens et un musicien, des feux de la rampe qui, dès la première semaine allaient se transformer non en feux de joie mais en désastre complet. Une « boite à copains » ou aucun des deux associés mâles, de connivence, ne tiendrait paroles face aux responsabilités commerciales et artistiques proprement dites qu’exigeait le fonctionnement d’un tel lieu.
Je me suis retirée du jeu : pas un jeu de dames, un jeu d’hommes. A part monétairement je ne faisais pas le poids. Je crois me souvenir avoir finalement giflé Mauzac.
Sortir de l’illusion, c’est ça ! Je l’estimais bien Jean Mauzac. J’avais confiance ! Poussière, tout n’est que poussière, alors !
Sans importance. C’est comme ça que j’ai écrit « Hue trio ». Quelle ignorante !