6 février 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
Rien ne sert d’écouter les autres : Il faut être « soi-même » - S.R. -
Tous ceux qui, dit-on, ont réussi, « montent » ou sont montés à Paris.
Lorsque j’ai ouvert en 1978 à Paris, 36 rue de Montreuil, le« Caf’Conc’Poésie », j’étais heureuse d’accueillir des poètes ou chanteurs qui arrivaient de leurs provinces ou villes natales, Bretagne, Ile de Ré, Valence, Grenoble Perpignan,voire le Cameroun...
Ils représentaient un peu pour moi la France, l’ouverture..
Je leur laissais volontiers la Scène et je me contentais ces soirs là de ne dire que quelques poèmes. J’aimais la vérité portée par leurs accents.
Cet accent, qu’en tant qu’artistes en devenir ils allaient s’empresser de perdre, éveillait en moi les senteurs oubliées de leurs terroirs respectifs.
Comme je connaissais les difficultés rencontrées pour se faire entendre à Paris dès lors que l’on débarque sans appuis, sans relations, le ventre et les poches vides, j’étais heureuse de leur ouvrir mes portes. Le public appréciait.
Ces artistes encore inconnus étaient « montés » un jour à Paris : pour réussir.
Je suis descendue dans le Sud : pour le soleil, la nature, l’amour, une autre vie.
P.S. : Lorsque j’avais 12 ans un oncle, ex- paysan plein de bon sens, m’avait prédit « Toi ma fille, quand tu seras grande, tu seras avocate ou fermière ». Cela prouve que nul ne peut préjuger de l’avenir, car même si la vie culturellement foisonnante de Paris m’a manquée, j’ai préféré et préfère toujours la vie à la campagne à la vie des villes.
Et ne suis jamais retournée à Paris, ma… terre natale. C.Q.F.D.