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5 février 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Etant née à Paris, Paris était pour moi ma ville, ni plus ni moins qu’une quelconque bourgade.
Cela n’avait rien d’exceptionnel. Mordue de théâtre, je ne faisais  aucune différence entre le conservatoire de Paris et les conservatoires de province. Immédiatement après la guerre, la France avait d’autres chats à fouetter que de penser à l’art dramatique !
J’ai cru de bonne foi que je ferais du ‘théâtre’ mon métier, tant j’étais certaine d’entrer à la Comédie Française, de jouer au théâtre de l’Odéon ou sur n’importe quelle scène parisienne.
Je viens vers toi la rue


Théâtre, j’ai frappé à tes portes
Et tu m’as dit « Non »
Tu ne m’as jamais fait escorte
Quand j’ai dit mon nom ...

C’est pourquoi je viens vers toi, la rue ...
Paisible, mains nues ...
Je viens vers toi car j’ai trop couru
Sans être entendue ...

Théâtre, je n’ai cru qu’en toi ...
Toi qui m’as niée ...
Tu n’as pas voulu entendre ma voix
Tu m’as ignorée ...

C’est pourquoi je te reviens, la rue
D’amour revêtue
Pauvre comme Job, éperdue, perdue
Moi qui n’en peux plus.

Théâtre, c’est vrai que je t’aimais
Quand je suppliais
Tu as oublié que j’existais
Quand tu m’enivrais.

C’est pourquoi, j’ai dit dans les rues,
Les mots invendus
De tant de poètes qui ont vécu
Sans être entendus ...

Simone Raton
Août 75

  
Je viens vers toi la rue