Kyo
« Ainsi Kyo, ça ne vous plaît pas ?
Ce n’est pas un titre, c’est plat ?
Et puis d’abord, ça rime à quoi, Kyo ? »
Je pouvais sans difficultés
Mon spectacle, voyons, l’appeler
« Un troubadour de notre époque » ;
De l’amour, plutôt que du rock
Une parisienne en province
– Soyez poète, on vous évince,
Quelques mots à bâtons rompus
Des gens heureux et des cocus
– Si vivre heureuse ça existait
Et si l’on évoquait la paix
Le refuge des intellectuels
Des mots, des mots en ribambelle,
L’écologie et ses bienfaits,
Quelques causes et quelques effets
Et pourquoi pas la biologie
– Les veillées d’antan ; sans bougies,
Comment se conformer aux lois,
Et patati et patata …
ça c’étaient des titres ma foi
Qu’on comprenait, pas du chinois
Pas ce mot qui ne veut rien dire
Kyo … pourquoi pas Shakespeare,
Pourquoi avoir dénommé Kyo
Ce spectacle, vraiment, c’est idiot …
Ainsi je vous mets mal à l’aise
Avec ce mot ; c’est maladroit ;
Ma poésie est bien française
Mais vous voulez savoir pourquoi
J’ai choisi ce mot Kyo. Pourquoi ?
C’est que pour moi Kyo c’est le son
De l’univers : c’est sa chanson
Mais sans musique, avec la voix
Qui suffit pour communiquer
Kyo, à quoi bon vous expliquer
Le mieux serait de commencer
Simplement et de me glisser
En vous, sans laisser passer l’heure
Par un texte écrit à 20 ans,
Qui n’a pas vieilli pour autant
Bonheur.
Kyo - titre d’un spectacle donné au Théâtre du Languedoc à Nîmes
15 avril 1981
Simone Raton