19 Mars 2011- « La brocante-Victor Lanoux » - « La mort laisser flotter les rubans »
Magnifique journée, pleine de soleil. Mais petit moral : Voici très exactement 365 jours que je suis privée de ma voix. J’avais -au bout de quelques jours- accepté de devoir vivre sans parler, l’impensable pour moi ! Je m’étais donné un an pour vivre avec ce triste verdict, cette épée de Damoclès suspendue au dessus de ma tête.
Tant pis ! Encore une erreur d’appréciation ! J’aurais décidément tout fait trop vite dans cette vie ci. L’année est passée, mais ma voix a fait comme elle. Reviendra-t-elle ?
Curieux : Aux « Emmaüs » d’Alès de magnifiques livres, absolument neufs, sont vendus à un prix dérisoire par une ancienne institutrice -préposée bénévole à la section librairie : Lorsque je vais à Alès j’achète une dizaine de bouquins, ravie de pouvoir lire à bon compte, tant que j’y vois encore à peu près.
Or je décide de lire « Laisser flotter les rubans » de Victor Lanoux paru au Cherche Midi-, collection Documents, en 2009. L’auteur ressemble tellement à mon père, physiquement d’une part, et moralement dans ses actions de brocanteur et d’humanité d’autre part. Premier des dix livres que j’ouvre : 1ère page « A Véro : « Je n’écris pas pour être lu mais pour être écouté » Ecoutée !
Et me voici replongée dans cet univers bien particulier, (j’allais dire carcéral ! ) que représente pour moi « l’hôpital » : Sauf que Mr Victor Lanoux - sortant d’un coma profond- (au lieu de s’éveiller comme moi d’une embolie pulmonaire, aphonie et compagnie dans un mouroir) réalise qu’il ne parvient plus à bouger que bras, mains, haut du corps ….Et qu’on le considère comme paraplégique !
IRM, prises de sang, nouvel IRM etc… à travers les pages de ce livre,je me retrouve dans très exactement ce qu’il a vécu (si on peut appeler cela vivre !), avec en plus, pour lui, comédien CONNU et aimé du public, l’obsession de devoir être sur pieds rapidement afin de tenir ses engagements : « Tourner dans la série télévisée depuis 10 ans -Ma brocante- 37ème épisode !
J’ai découvert que, grande vedette ou pas, être hospitalisé un mois c’est véritablement éprouvant pour tous. Pendant que j’étais à l’hopital d’Alès, j’ai écrit deux gros cahiers « vue d’un malade alité, prisonnier des fils, des bouteilles, des horaires, des bruits de jour comme de nuit ». Eh bien ! Entre le vécu de Victor Lanoux et le mien, dans un centre hospitalier, pas de différences. Et comme - grâce à sa femme, si j’ai bien lu ce qu’il a écrit -, il a tourné le 37ème épisode de sa brocante presque comme si de rien n’était.
Se battre jusqu’au bout, c’est ça ! Si vous prenez connaissance de ce préambule, faîtes comme moi, achetez ce livre. : J’ai même beaucoup ri, dans mon lit, tant ce que Monsieur Lanoux contait était la vérité et non son reflet.
P.S Je tiens à préciser que j’ai été soignée comme une princesse à l’hôpital d’Alès. Avec beaucoup de gentillesse. Je n’ai rien contre le personnel, les soins donnés, la qualité des repas .Mais ces machines qui dissèquent tout ! Savent tout mieux que vous ! Mieux que le professeur lui-même ! Ces robots qui vous photographient en petits morceaux, vous ôtant toute liberté, toute humanité c’est vraiment, vraiment, vraiment invivable.