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31 août 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

«Pascal et Mitterrand »

C’était dans les années 76/77, Rue Saint Sauveur, à Paris. J’avais transformé une vieille boutique (bail) en un petit théâtre : « Raton aux Halles », bien décidée à ne plus faire de restaurant mais uniquement à défendre la poésie. Rémy, pianiste et chanteur, était d’accord pour participer à cette nouvelle aventure : Dans les rues de St Germain des Prés un grand gaillard d’1m90 déambulait dans les rues vêtu d’une grande cape noire et d’un superbe chapeau. Il s’arrêtait aux terrasses des cafés, disait un ou plusieurs poèmes, bavardait avec des clients qui devenaient des habitués, se faisait offrir une petite boisson, un petit sandwich par-ci par là, vivant des recettes de « la manche » qu’il faisait à sa façon. Beaucoup d’allure et une « grande gueule ».
Il était venu me voir, traversant une période difficile m’avait-il dit, et m’avait convaincu de l’autoriser à dormir, le soir, pour quelques nuits, dans le théâtre, sur la scène même, une fois le spectacle avec Rémy terminé. J’aimais la façon dont il jouait les textes qu’il déclamait dans la rue, qu’il me disait avoir écrit.
J’avais confiance. Et un matin PASCAL, était parti oubliant un sac qu’il traînait toujours avec lui. Au moment de le ranger, par maladresse je renverse le contenu de sa sacoche, et (pas de hasard !) surprise je « tombe sur des phrases de Baudelaire, Villon, Guillevic, Rimbaud, Aragon, Rictus, etc., relevées….. et transformées par le beau Pascal en petits poèmes prétendument écrits par lui ! Remaniés par ses soins !
Le plus curieux de cette histoire c’est que, lorsqu’il est revenu rechercher son outil de travail, -Car je l’ai mis à la porte du dortoir séance tenante- il m’a dit : Je m’en moque, je connais un homme politique qui m’a proposé de venir habiter chez lui….Et tu verras, on dit qu’il deviendra peut-être Président de la République. Ca, je ne l’ai pas cru…
Eh bien, ça c’était vrai : Quelques temps plus tard un journal publiait que Monsieur François Mitterrand aimait les artistes, puisqu’il hébergeait chez lui « UN VRAI POETE ».
C’est une histoire vraie ! Je n’ai pas gardé le journal et le long article paru à ce sujet dans mes archives, mais je me souviens m’être interrogée : Mitterrand mettrait-il longtemps à découvrir la supercherie de ce superbe usurpateur, et si oui, comment la France serait-elle gouvernée. Sans plus : Poésie et Politique commencent par la même lettre, c’est tout !

Et là, du fait de son seul titre et non de son contenu j’ai un poème tout trouvé, et si joli en Poésie…
La rose

N'enfourche plus tes chevaux de bataille,
La vie est bien plus simple que cela.
Ton heure est venue de changer de rails
Ne t’en plains pas, même si tu es las !

Reprends ce chemin qui te conduira
Auprès d'autres gens, auprès d'autres joies,
Chemin du milieu, chemin de la loi,
Qu'importe le lieu où tu t'en iras.

Tu aimeras, oui, mais la passion ?
Tu t'assumeras, même sans mon nom.
Tu ne peux savoir ce qu'est ta mission ;
La vie est belle, ne me dis pas non.

Il n'est point de roses sans épines.
Tu saignes d'avoir de cela, douté !
Si ta rose à d'autres, se destine
Ne conserve en ton cœur que sa beauté.


Simone Raton
1977
La rose