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24 août 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

L’eau…ou l’O.   Un « O » rond comme un Œuf.    O !...Un œuf ou une prison ?

J’ai toujours eu un curieux rapport avec l’EAU.
J’aime le lait, j’aime le vin, j’aime le café, le thé, le café au lait. Mais j’ai du mal à boire de l’eau. Par contre  je dois avoir un côté poisson car j’aime être « dans l’eau » : une  baignoire,  une piscine, un petit cours d’eau glacé,  un lac, et puis la mer, bien sûr,  la mer !
Dualité entre être et avoir ? Peut-être.
Ne parvenant pas à dormir (il est 3 h. du matin) je repensais à un texte écrit il y a bien longtemps « sur la plage »…Faute d’amour, si le corps ne fonctionne pas, la tête se repasse des films. J’éteins la télé et je fais de la marche arrière intellectuelle, avec mes poèmes ou ceux des autres.
Donc ce texte «Sur la plage » me propulse en pensées à Calais, où je suis retournée  habiter durant 3 ans. Appartement  face à la mer du Nord, cette mer plus vivante que la méditerranée,  mais beaucoup plus froide que celle de Carnon située à 100 kms de ma maison, dans le Gard. … « Petit détail » que j’avais occulté !

Je me suis DONC fort peu baignée, là-haut…. J’ai dû  me contenter de la voir quotidiennement, cette mer dont je rêvais,  d’observer les mouettes,  les paquebots faisant la navette entre la France et l’Angleterre ; pas de m’y plonger, d’y entrer chaque jour, hiver comme été, ainsi que je me l’étais, moi et mes 77 ans, imaginé.
Faute de bains de mer quotidiens, j’ai  pris la décision  de me rendre chaque jour à la piscine –ultramoderne de Calais- Ludique : (mot dont j’ignorais le sens, il n’est pas de Mon époque).
En  fait, et c’est là où je voulais en venir : Moi qui ai dû, depuis l’âge de 20 ans, faire  tous les régimes possibles pour perdre ne serait-ce qu’un kilo ou 2, (massages, saunas, cure de ceci, cure de cela, pilules- miracle, hospitalisation..) il a fallu que je perde connaissance brutalement pour réaliser que j’avais perdu….40 kg : Que, ne me souciant plus du tout de mon poids, disons de mon physique, je réalise que j’étais passée allégrement  de 95 à 55 kg sans m’en rendre compte.
Quand je pense à tout ce que, durant ma vie,  j’ai dépensé pour maigrir, à tout ce que j’ai pu essayer, tenter, espérer : médecine, conseils, avis, certitudes de certains quant aux résultats...Alors qu’à Calais, pour 2 euros par jour, en une année à peine, avec ce bonheur d’être dans l’eau, même seule…j’ai vu un de mes rêves se réaliser !
Il m’est revenu en mémoire qu’en 1932-33, mon père conduisait déjà sa progéniture à la piscine Ledru- Rollin, une fois au moins  par semaine : A trois ans ses filles savaient nager.
Avait-il découvert les vertus de l’eau, puisque lui aussi s’est toujours trouvé trop gros ?
En tous cas, en y réfléchissant,  au lieu de me plaindre des nombreux problèmes que j’ai rencontré avec l’eau au cours de mon existence (toitures percées, intempéries, inondations, que sais-je..) j’aurais  dû continuer à nager, nager, afin d’apprendre,  après la disparition de mon père, à savoir mieux nager dans la vie que dans l’eau.
Le temps avait disparu


Sur la plage nos deux ombres.
Au loin les ruelles sombres.
Toi, la nuit sur ton visage ;
L’univers qui est sans âge.
La mer à perte de vue
Notre amour, et toi perdue.

Le bruit de l’eau, les rochers,
Notre passion et tes baisers.
Cette envie de se mêler
Aux éléments déchaînés.

Comme unique témoignage
De nos corps sur le rivage,
La lune, qui s’est levée ...
On est bien, on va s’aimer ...


Pour D.
Simone Raton
Septembre 1975
Le temps avait disparu