« LA LIBERTE ET LE POUVOIR »
« Les raisons des plus riches sont toujours en faveur.
Nous allons le prouver sur l’heure
Par ce pastiche sans prétention,
Humour à la Simone Raton. »
Un Sultan se désaltérait
Près du courant d’une onde pure.
Un citoyen survint, en quête d’aventure,
Et que la soif en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi d’être sur mon passage ?
-Dit ce souverain plein de rage –
Tu seras châtié de ta témérité ! »
Monsieur, -dit le passant -
Qu’en ces lieux ma présence
Ne porte point à médisance,
Car je veux, me désaltérant en ce courant,
Me rafraîchir uniquement,
De fait, par conséquent, en aucune façon,
Je ne trouble votre boisson.
« Tu la troubles - reprit le Sultan en colère-
Et je sais que de moi tu médis l’an passé !
Comment l’aurais-je fait ? J’étais emprisonné !
Si ce n’est toi c’est donc ton frère !
Je n’en ai point !
C’est donc quelqu’un des tiens,
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos semblables, vos chiens !
Je vous ai vu, il faut que cela change !
Là-dessus, dans son grand palais,
Le Sultan, sans plus de procès,
Fit publier un grand décret :
Cet écriteau, dans la forêt :
« L’eau de la rivière appartient
A votre Sultan. C’est son bien.
Ne jamais s’y désaltérer
Sous peine d’être emprisonné. »
Signé : votre bien aimé Sultan.
Les courtisans, baissant la tête : C’est évident, c’est évident.
Simone Raton