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Lorsque je ne t’aimerais plus

Je pourrais, à chacun, raconter mes vacances :
Décrire les pins parasols qui se balancent ;
Et le bleu et le vert de cette mer au loin ;
- Ecrire qu’éloignée de Paris on est bien !
Je trouverais les mots pour la douceur du vent ;
Je peindrais les propos des oiseaux dans les champs ;
Je conterais que la Provence c’est joli.
Que « dans le sud », tout semble bon, même la pluie ...

Lorsque je t’aimerais moins ...

Je pourrais m’installer dans l’arrière-pays
Pour repenser un peu à ce que fût ma vie
Admirer les couleurs, les orangers en fleurs,
Me convaincre qu’aucun grand amour ne demeure
Me contenter des méandres de la Durance
Accepter de mourir bientôt, sans impatience
Répéter que rien n’est plus beau que la Provence
Que de pouvoir y finir ses jours, c’est de la chance.

Lorsque de notre amour il ne restera rien ...

Je mentirais encore en disant « je vis bien ».
Sans me jeter des fleurs, Bormes-les-Mimosas
M’inspirera un livre ... écrit, mais grâce à toi.
Quand d’avoir trop parlé, je resterais sans voix
De toutes les couleurs j’en aurais vu je pense
Puisque je visiterais, seule, Saint Paul de Vence
Puisque seule, j’achèverais mon existence,
Au fond, dans n’importe quel petit coin de France.

Mais à présent que je te veux
Les vacances, mais c’est nous deux !
La mer, au fond, je m’en balance
Quand ce n’est qu’à toi que je pense.
Je voudrais presque être à Paris
Pour un baiser de toi, pardi
Bien plus que l’odeur des lavandes
Devine ce que je quémande :
C’est Toi, et toi seule qu’il me faut.
Tout ton amour me fait défaut.

Pour D.
Simone Raton
19 Février 1976
Lorsque je ne t'aimerais plus