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16 juin 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

15 heures. Je viens de regarder l’émission « Toute une histoire » sur France2. Le thème ? Faut-il dire ou ne pas dire, à la personne atteinte d’un cancer en phase terminale, « la vérité ».

Sujet pas spécialement joyeux, mais étant plus ou moins dans ce cas, je regarde, j’écoute les questions-réponses. Je déteste tous les jeux proposés par la télé, mais en fait la vie n’est qu’un jeu. Jeu sans rapport au rapport au gain, à l’argent : jeu sans gagnant ni perdant.
Or entre ce que l’on a pu penser ou dire aux autres durant toute sa vie à ce sujet, et notre comportement au moment crucial, aucun rapport !
  


Tu sauras me raconter
Le grillon, le scarabée
La fraîcheur de cet été
Quand nous étions séparées.
Déjà, déjà, j’entends tes mots.
Le loin, le pur, le vrai, le beau,
Le reconnu, le retrouvé,
L’inutile, l’inespéré ...,
Le calme soudain éprouvé,
Au beau milieu d’un champ de blé.
Un peu, si peu l’ennui de moi,
Et puis, à nouveau cet émoi
Devant une mare oubliée,
Devant une face ridée
Devant la grande cheminée
Où tu allais te réchauffer.

Lorsque la porte s’ouvrira
Tu auras laissé tout cela.
Ce monde que nous aimons tant
Cet univers qui nous attend.
Raconte encore ce village
Où tu as pu vivre sans moi.
Dis-moi la couleur des maisons,
Dis-moi encore à ta façon
Le calme, la tranquillité
De cet étrange ciel d’été
Que tu voulais me rapporter
Pour me le faire un peu « goûter ».

Lorsque la porte s’ouvrira
Je t’aurai déjà tant « vécue »
Tant poursuivie à ton insu,
Tant trouvée dans les chemins creux
Tant raconté mes moindres vœux
Tant évoquée à chaque instant ...
J’aurai tant et tant été toi
Tu ne sais pas, tu ne sais pas.
Lorsque la porte s’ouvrira
Lorsqu’enfin tu me souriras
Lorsque ... la la, la la, la la, ... la la ...


Pour A.
Simone Raton
Juillet 1974
La porte s’ouvrira

La porte va s’ouvrir,
Enfin tu seras là.
La joie s’insinue en moi,
Y serpente lentement.
Et ton nom devient chanson,
Gazon, vacances, horizon.
Je goûterai sur tes lèvres
Sur ton front, dans tes cheveux,
L’odeur du vent qui se lève,
La couleur de la moisson,
La chaleur de ce soleil
Qui réchauffait ta maison.
Dans le doré de tes yeux
Je lirai le lumineux
De ce grand ciel tourmenté
Que tu m’auras rapporté
Pour un peu me consoler
De ne pas avoir été
Avec toi à chaque instant.
Avec toi dans ce torrent,
Avec toi dans l’océan
Avec toi à tout moment.

Quand la porte s’ouvrira
Tout se calmera en moi.
Ce besoin de ta présence,
Cet extraordinaire silence
Quand je n’entends plus ta voix ...
Cette douleur, sans tes yeux
Qui content le merveilleux,
Cette étrange solitude
Que l’on voudrait habitude
Qui harcèle, qui surprend
Qui revient à tout moment.
Qu’on s’évertue à chasser
Pour soi, se réintégrer !

Quand la porte s’ouvrira,
Alors la paix reviendra.
Tu me diras la rosée,
Car, ici, j’ai oublié
Comme on pouvait être bien
Sur l’herbe au petit matin,
Loin des villes, des humains.
La porte s'ouvrira