Tu sauras me raconter
Le grillon, le scarabée
La fraîcheur de cet été
Quand nous étions séparées.
Déjà, déjà, j’entends tes mots.
Le loin, le pur, le vrai, le beau,
Le reconnu, le retrouvé,
L’inutile, l’inespéré ...,
Le calme soudain éprouvé,
Au beau milieu d’un champ de blé.
Un peu, si peu l’ennui de moi,
Et puis, à nouveau cet émoi
Devant une mare oubliée,
Devant une face ridée
Devant la grande cheminée
Où tu allais te réchauffer.
Lorsque la porte s’ouvrira
Tu auras laissé tout cela.
Ce monde que nous aimons tant
Cet univers qui nous attend.
Raconte encore ce village
Où tu as pu vivre sans moi.
Dis-moi la couleur des maisons,
Dis-moi encore à ta façon
Le calme, la tranquillité
De cet étrange ciel d’été
Que tu voulais me rapporter
Pour me le faire un peu « goûter ».
Lorsque la porte s’ouvrira
Je t’aurai déjà tant « vécue »
Tant poursuivie à ton insu,
Tant trouvée dans les chemins creux
Tant raconté mes moindres vœux
Tant évoquée à chaque instant ...
J’aurai tant et tant été toi
Tu ne sais pas, tu ne sais pas.
Lorsque la porte s’ouvrira
Lorsqu’enfin tu me souriras
Lorsque ... la la, la la, la la, ... la la ...
Pour A.
Simone Raton
Juillet 1974