Mais je n’ai pas pu
J’ai voulu leur dire un poème
Qu’un ami avait composé
Mais je n’ai pas pu
J’étais trop émue.
Ce poème était tout plein de « je t’aime »
Il disait « J’écris près du vieux piano »
J’arrose la plante et le café-crème
Refroidit tout seul - j’en suis au pernod !
Mais je n’ai pas pus aller jusqu’au bout !
Je pensais à toi ... Je pensais à ... nous
J’ai eu peur soudain de cet amour « fou »
J’ai eu peur, mon doux, et un point c’est tout !
Il était joli, pourtant, ce poème,
Tout rempli d’attente, désespéré !
Mais j’ai pensé à toi, à tes « Je t’aime »
J’ai eu vraiment envie de m’en aller ...
Pour vérifier que tu étais bien là
Que tu n’avais pas fait un « mot » pour moi
Que tu m’attendais auprès du piano
Buvant un café, chez nous, bien au chaud !
C’est pourquoi
Je n’ai pas pu
Le dire, ce poème,
- Qu’un ami avait composé -
Non je n’ai pas pu :
J’étais trop émue.
Simone Raton
19 Octobre 1975