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26 juin 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

«Chez eux, à Lédignan »
Ce site a été créé dans le but de faire paraître les poèmes que j’ai écrits au fil des années ; D’un vécu en somme ! Aussi de donner l’envie de relire la poésie des autres tout autant que celle que je porte en moi depuis toujours. Pensées sans désir d’intellectualisme, de « nombre de pieds à compter», exprimées à travers les mots : les mots porteurs, véhiculés par le théâtre, puis par l’unique poésie ; La poésie qui, seule, peut résumer en quelques minutes ce qui aura motivé l’écriture d’une pièce de théâtre de deux heures.
J’ai beaucoup « travaillé dans l’ombre » pour m’entendre les dire, ces mots ; Afin qu’ils portent, qu’ils vivent ! Je Les ai toujours « jetés » mes mots, avec la conviction qu’une voix peut transmettre le souffle de la vie profonde, le bonheur d’être en vie, d’exister.  Mais, puisque je ne « joue plus » devant un public, -faute de voix-, j’écris en prose ces préambules, ces « au fil des jours » qui me restent à vivre.
(Un psy dirait peut-être que « je ne joue plus à vivre ». Foin des psy au profit du seul cœur !)
Lorsque je tape un texte en prose, c’est le fait de l’écriture présente qui réveille en moi un poème composé « pour ou contre,-ou même tout contre - x. y. ou z. » dans le passé.
Eh bien hier, nous étions quelques uns à nous rendre chez des amis qui ont la même philosophie que moi : Amis et que j’ai retrouvés en pleine campagne près de Lédignan, après des années de silence. Pourquoi le poème « MAISONS » a-t-il surgi dans ma tête dès que je suis arrivée en haut de leur escalier ? Six strophes écrites en 1980, pleines d’un amour -égoïste peut-être-, dont je prenais conscience brutalement, que je savais toujours par cœur… Un poème que j’ai eu envie de leur dire là, sans raison apparente. Le couple nous attendait : Lui au milieu des marches à vouloir m’aider sans le faire remarquer ; Elle à me sourire, en haut de cet escalier pour… m’embrasser comme autrefois ! Jeunes tous les deux, avec dans leurs yeux, leurs gestes, leurs mots simples - mais tellement sincères,- un réel contentement de nous voir arriver, de nous recevoir, de nous dire BON jour, de nous accueillir en fait, que la joie m’a envahie instantanément.
Je me suis emplie de leur soleil : Je continue de croire qu’il faut beaucoup, beaucoup aimer, pour que la vie, cette vie reste belle.


Il y a des maisons coquines
Où l’on tente de s’infiltrer
Par péché de curiosité.
Où Arlequin perd Colombine
Pour avoir voulu savourer
Des distractions inusitées
Mais ... sans aimer.

Il y a des maisons tordues
Où l’on croit bon de s’installer
Risque de contamination ...
Vendues, achetées, revendues,
Ne dureront qu’un seul été
Car ce sont lieux de perdition
Pour trop aimer ...

Il y a la maison que j’aime
En laquelle je me sens bien
Avec un jardin ... où l’on sème ..
Oh pardon, nous n’y semons rien ...
Mais si, nous y semons la joie ... de nous aimer.


Simone Raton
22 novembre 1980
Maisons

Il y des maisons chaudes
Je ne saurais dire pourquoi
Dans lesquelles on voudrait entrer
Des maisons pour Harold et Maud
Et pour ceux qui sont aux abois
Qui pourraient là se retrouver
Pour s’y aimer ...

Il existe des maisons tristes
Nul ne sait à quoi cela tient
Qu’il vaut mieux ne pas fréquenter
De ces maisons où les artistes
Ne créeront jamais rien de bien
S’ils sont contraints d’y habiter
Sans les aimer ...

Il y a des maisons bourgeoises
Où l’on pénètre à reculons
Pourquoi vous y invite-t-on ?
Des villas aux allures narquoises
Où, parfois, nous nous faufilons
Mais où jamais nous ne serons
Vraiment ... aimés.
  
Maisons