29 septembre 2011 - « Famille d’accueil », Merci.
J’ai beau critiquer la télévision, la regarder un peu trop souvent à mon goût, elle fait quelquefois ressurgir en moi des aventures similaires vécues voici bien des années. Aussi des émotion fortes : Tantôt de reconnaissance, comme aujourd’hui, tantôt de colère contre moi-même par rapport à ma non vigilance (lors de mes rencontres masculines ou féminines.)
C’est la deuxième fois que je regarde « FAMILLE D’ACCUEIL » de 15h1O à 16h45, sur France 3. Tous les célibataires, -(y compris veufs, divorcés sans enfants, malades, hommes politiques... etc.)- jeunes ou non, auraient intérêt à regarder au moins une fois cette émission, afin de se rendre compte que, finalement, presque tous nous jouissons d’une sacrée belle vie, en omettant simplement de nous en rendre compte. L’optimisme qui se dégage de cette famille (pourtant dite d’accueil) remet les pendules à l’heure, que ce soit l’heure des repas, de l’école, de la tendresse, de la vie en fait !
Je dis cela parce j’ai eu l’occasion de rencontrer une fois dans ma vie une ASSISTANTE SOCIALE « AGRIGOLE » tellement semblable physiquement, moralement, humainement, dans son comportement, à la mère de cette famille « d’accueil de France 3 » que j’ai envie de raconter notre rencontre. – Rencontre transformée en amitié qui dure depuis une trentaine d’années et ne m’a apporté que des joies.
Arrivée depuis un ou deux ans dans le Gard, ma situation sur le plan financier s’avérait difficile à gérer (la poésie a rarement enrichi son homme !) même en calculant au centime prés. Je fais partie de cette génération pour laquelle le mot chômeur signifiait fainéant ; Demander une aide quelconque à l’état- ou à une administration préposée à cela- impensable, déshonorant !
L’énergie surgit parfois lorsque l’on est au fond du gouffre, pas en fonction de la soif ou de la faim, non ! Parce qu’il fallait bien que quelque chose de bon se produise enfin. Ma fille,11/12 ans, de retour de l’école me demandait ABSOLUMENT, de lui acheter, avant la fin de la semaine, un crayon … X….telle marque, telle longueur, enfin un crayon bien particulier … Pour moi surtout qui n’était pas en mesure de le lui acheter.
J’ai donc décidé de m’adresser aux services sociaux de la région, afin de trouver une solution à mon problème de mère célibataire ‘indigne’ !
Je devais avoir affaire à « une remplaçante » et c’est à Lussan que je l’ai rencontrée : Jeune, dynamique, plus qu’aimable, je me suis retrouvée devant une personne qui a pris LE TEMPS de m’écouter : qui posait des questions intelligentes, notait mes réponses, qui m’a crue sans me demander, avant toute chose, mes papiers. Quelqu’un qui, devant moi, ce matin là, a donné plus de 3O coups de téléphone, dans le Gard et jusqu’à à Paris auprès de services administratifs compétents dont je n’avais même pas connaissance : « Vous avez des droits - m’a-t-elle dit- et avant la fin de la semaine vous recevrez une aide immédiate. Puis nous nous reverrons, et votre situation sera régularisée dans les jours qui vont suivre. Vous avez ma parole : cessez de vous inquiétez pour votre fille et votre actuelle situation.
Eh bien, quatre jours après je recevais effectivement un chèque (dont le montant m’a paru énorme à l’époque, de 150 frs je crois) avec un mot gentil et d’une grande bienveillance ! Elle s’appelle Françoise, elle habite loin de chez moi maintenant, à L’Isle sur Jourdain, et s’occupe, je crois –entre autres- des familles d’accueil et des enfants qui leur sont confiés.
C’est plus qu’une conscience, Françoise, c’est une humanité en marche, ce n’est pas « le gain » qui la motive c’est ce que j’appelle le cœur, la croyance !
Et puis, lorsque je vais chez elle, que je vois son mari, leurs enfants-adolescents, ses parents, réunis à la même table, avec toujours une place autour de cette table pour un « ami qui débarque » je sais que l’empathie, l’écoute de l’autre, quel qu’il soi, t n’est pas un vain mot pour quelques-uns….et davantage peut-être ?
Quel poème mettre pour conclure ce préambule ? « M E R C I ».
(Seul ce mot, le titre de ce poème, correspond à ce présent préambule).
Oui « Merci », car je ne suis pas certaine d’avoir fait part, à l’époque, de ma profonde reconnaissance à Françoise G. Pourtant ! Prise dans des tourbillons de difficultés, que de fois j’ai dû manquer ainsi d’agir correctement. Et puis, avec le temps,on se souvient…On songe !
J’ai réalisé que lorsque l’on n’aime que soi (orgueil) qu’un (ou une autre) démesurément, on a tendance à oublier tous les autres, et à ne plus faire sa propre révolution humaine…