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Mes chiens


J’suis allée à la SPA
C’était ma drogue, les chiens, quoi !
Là j’ai trouvé un p’tit corniaud
Y s’app’lait Poum - l’était pas beau ! -
Il était blanc et tout frisé,
Dans sa cage il semblait pleurer .
Alors je l’ai pris contre moi
J’ai dis t’inquiète pas, me voilà.
Mais ... il était épileptique ...
L’vétérinaire m’a dit « Je pique
Les chiens qu’ont cette maladie-là ! »

A lui je m’étais habituée !
Et je l’ai longtemps regretté,
Passe l’hiver, passe l’été ...
Je n’ai pas encore oublié.

Et puis, j’ai ach’té un « chow-chow »
J’l’avais choisi, il était beau
Quand j’m’baladais dans l’seizième,
Moi j’étais fière qu’il me promène.

Cette bête-là j’l’ai gardée longtemps !
Elle ne montrait jamais les dents !
Elle me gardait jalousement.
Mais elle n’aimait pas les enfants.
Alors, quand j’ai eu un bébé,
Elle a refusé de l’aimer ...
Et il m’a fallu décider.

Maintenant elle est chez des amis
Mais c’est certain qu’elle s’ennuie.
Vie de chien, à ce que l’on dit ...
Mais vie d’homme pourquoi, pour qui ?

A présent, j’ai un pékinois.
Non, il n’est pas du tout sournois.
Mais il déplaît à mes amis
Car, il prend tout’ la place du lit.

Avec le temps j’ai réfléchi
Je me fous de ce qu’on me dit.
C’est vrai il met des poils partout
C’est vrai il est vilain comme tout
C’est sûr, il ne m’obéit pas ...
Mais, moi je l’aime comme ça
Mon abruti de pékinois.

Si vous saviez quand j’l’ai ach’té
Comme il avait peur d’exister.
S’il est devenu presqu’ humain
C’est que j’suis plus cabot qu’mon chien.


Simone Raton
Octobre 1974
Mes chiens

Mon premier chien, curieuse histoire,
Un peintre, un soir, est venu m’voir.
Il m’a dit « j’pars à l’étranger »
« Mon p’tit chien je n’peux pas l’emmener ! »

J’ me suis récrié « j’en veux pas »
Enfin, il est gonflé, c’type là ;
Il prend un chien, puis il s’en va ;
Et il voudrait que ce soit moi ...
Mais le chien me r’gardait toujours,
Avec ça il s’app’lait « Amour »
Et j’ai dit « Bon viens dans ma cour  ... »

Mais l’peintre, il est rev’nu l’chercher
SON chien - après six mois passés ... -
« Amour », y voulait pas m’quitter
Mais ... l’homme avait son « pedigree » ...

Mon second chien, j’lai voulu gros ...
Il pesait soixante-dix kilos !
On me disait « Mais c’est un veau
Qu’est-ce que tu trouves à ce cabot ? »

J’l’aimais, il était merveilleux !
Un pote comm’ il y’en a pas deux !
J’croyais qu’ensemble on d’viendrait vieux
Mais un beau jour l’commissariat
M’a dit « Faut pas garder c’chien là
Y fait peur à tous ceux qui l’voient
Dans l’quartier, y a pas besoin d’ça ! »

Alors au ch’nil je l’ai ram’né !
Et j’avais mal à en crever,
Sûr, ce jour-là la société
J’lai haïe pour pas mal d’années !

Pis, j’ai trouvé un p’tit caniche !
Tout sale, qu’avait jamais eu d’niche !
Une fois toiletté, y faisait riche
Et je l’ai gardé, j’ai dit « chiche ».

C’lui-là, c’était un p’tit marrant !
Un vrai titi, un épatant !
S’il avait faim, y s’débrouillait,
Et les poubelles, toutes, il les f’sait !
Mais il aimait la ... liberté
Alors, pour qu’il porte pas d’collier
Chez des copains j’l’ai installé.

C’était dur de se séparer
Mais, il avait des champs entiers,
Il n’avait plus besoin d’mendier
Et les chiennes étaient à ses pieds.
5 août 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

M. de Montaigne

Pour Montaigne (1533-1592) le dialogue est avant tout un apprentissage de l’altérité. Je me pose souvent des questions lorsque je pense au mot « dialogue » :
Que ce soit : Repartir d’une réunion organisée sur le thème de la paix ; Quitter un couple que l’on est allé voir pour le bonheur de les retrouver vivant tous deux en harmonie ; Revenir de passer quelques heures avec une amie ancienne ou nouvelle ; Toutes ces actions devraient être synonymes de « bonheur de la conversation », entraînement à élargir nos pensées, moyen de dépasser nos préjugés, d’ ouvrir davantage notre esprit, de s’extraire de la solitude, de développer une commune humanité pour défendre le caractère sacré de la vie, le plaisir de la paix partagée.