Mes chiens
Mon premier chien, curieuse histoire,
Un peintre, un soir, est venu m’voir.
Il m’a dit « j’pars à l’étranger »
« Mon p’tit chien je n’peux pas l’emmener ! »
J’ me suis récrié « j’en veux pas »
Enfin, il est gonflé, c’type là ;
Il prend un chien, puis il s’en va ;
Et il voudrait que ce soit moi ...
Mais le chien me r’gardait toujours,
Avec ça il s’app’lait « Amour »
Et j’ai dit « Bon viens dans ma cour ... »
Mais l’peintre, il est rev’nu l’chercher
SON chien - après six mois passés ... -
« Amour », y voulait pas m’quitter
Mais ... l’homme avait son « pedigree » ...
Mon second chien, j’lai voulu gros ...
Il pesait soixante-dix kilos !
On me disait « Mais c’est un veau
Qu’est-ce que tu trouves à ce cabot ? »
J’l’aimais, il était merveilleux !
Un pote comm’ il y’en a pas deux !
J’croyais qu’ensemble on d’viendrait vieux
Mais un beau jour l’commissariat
M’a dit « Faut pas garder c’chien là
Y fait peur à tous ceux qui l’voient
Dans l’quartier, y a pas besoin d’ça ! »
Alors au ch’nil je l’ai ram’né !
Et j’avais mal à en crever,
Sûr, ce jour-là la société
J’lai haïe pour pas mal d’années !
Pis, j’ai trouvé un p’tit caniche !
Tout sale, qu’avait jamais eu d’niche !
Une fois toiletté, y faisait riche
Et je l’ai gardé, j’ai dit « chiche ».
C’lui-là, c’était un p’tit marrant !
Un vrai titi, un épatant !
S’il avait faim, y s’débrouillait,
Et les poubelles, toutes, il les f’sait !
Mais il aimait la ... liberté
Alors, pour qu’il porte pas d’collier
Chez des copains j’l’ai installé.
C’était dur de se séparer
Mais, il avait des champs entiers,
Il n’avait plus besoin d’mendier
Et les chiennes étaient à ses pieds.