12 juin 2011 - « L’Epée »
A la télévision, Lundi de Pentecôte, sur la 3, un film avec Jean Marais et Bourvil « Le Bossu ». Pourquoi pas ? Mais ces films « De capes et d’épées » m’ont ramenée à la corrida : A l’époque pour l’honneur ou je ne sais quels propos échangés, on tirait son épée et on savait d’avance que l’un des deux gentilshommes allait y laisser sa peau.
Donc une épée comme à la corrida non ? Face à face.
Croit-on que les bêtes ne savent pas qu’elles sont programmées pour la mort donnée par l’homme avant que cela ne survienne ?
Je me souviens qu’à Rousson, (Cévennes) où j’ai vécu un certain temps, un de mes amis, Christian allait mourir du cancer. Cet homme, dominateur mais par ailleurs charmant avait un tout petit chien qui le suivait comme son ombre. Durant les trois jours précédent sa mort, j’allais beaucoup le voir car J’étais la seule qu’il voulait recevoir, étant la seule qui lui expliquait ma philosophie, c'est-à-dire que oui, il allait mourir, mais que ce n’était pas grave en soi etc. etc.…
La seule à dire la vérité qu’il connaissait forcément à un moment aussi grave, puisqu’il avait conservé toute sa lucidité.
Ce qui m’attristait c’est que son petit chien, qui a toujours dormi sur son lit, qui ne le quittait pas d’une semelle, sans collier, sans rappel, un chien amoureux de son maître en quelque sorte,ne voulait plus rester sur le lit. Il se couchait près de la porte, très loin du lit. Christian disait « où es-tu, en le cherchant avec sa main, puis l’appelait, étonné de ne pas le trouver là, selon leurs habitudes .J’attrapais le chien, le posais sur le lit ,l’y maintenais discrètement le plus que je pouvais, alors que son le chien n’avait qu’une idée : Ne plus être près de lui, s’éloigner le plus loin possible de son maître.
Je crois que c’est par le comportement de son chien que Christian a accepté l’idée que sa vie se terminait.
Je me méfie.
Unibi, ma petite chienne pékinoise, a agi de la même façon, deux jours de suite ici, il n’y a pas très longtemps. J’allais assez mal, mais ce n’était pas encore mon heure ! Elle est restée terrée sous le lit, peut-être triste que je meurs avant elle, et puis le 3ème matin elle a demandé à venir sur le lit et j’ai su que le moment n’était pas venu, pour elle de me perdre. Pour moi de la quitter. Habituellement ce sont les humains qui perdent leurs chiens : Pas toujours… La preuve.