Trois pas en avant ... Puis le cri,
Le cri des enfants éblouis
Par ce corps qui ne se voulait
Que sculpture ... Pour le jeu complet
De cet artiste qui créait
D’un geste, simplement, le vrai.
- Féerie pure sans limite
Pouvoir de ce que tu imites
Et le public qui se soumet
C’était concret ... et tu mimais.
Les enfants continuaient de rire
De tout ce que tu leur contais
A coup de gestes sans bavure,
Sans parole, sans écriture,
Toi, tu leur apportais un monde,
D’un seul trait, en quelques secondes,
Et moi, je regardais couler
La sueur sous tes bras levés
Et j’admirais ta précision,
Tes mouvements et ton action.
Tu étais mime « américain »
Et d’un simple jeu de tes mains
Tu faisais prisonnier ta salle,
Et tu leur parlais de scandale,
Et de la lune, et des étoiles,
Et ton corps était une toile,
D’où une infinité d’images
Faisaient rêver les enfants sages
S’enfuir de leur réalité
Les tout-petits, un soir d’été.
Juillet 1977
Simone Raton