25 MARS 2010 - Petite histoire de grammaire « Quiproquo »…
Le samedi 27 mars, pour la semaine instaurée en France « le printemps des poètes 2010 », je suis programmée pour donner, seule, un spectacle poétique dans un théâtre récemment créé à Saint- Ambroix , le TOURNESOL Enfin un spectacle complet, conçu comme je l’entends, monté uniquement autour de textes écrits par moi sur ce thème qui me tient à cœur « la POESIE ». Bonheur !
Je remercie Marie Laure, directrice et âme du Tournesol et me mets au travail nuit et jour.
Fait bizarre : pour la première fois de ma vie, alors que je me suis engagée depuis plus d’un mois pour cette soirée me voici APHONE ! Totalement incapable de sortir un son depuis… quinze jours déjà ! Ce spectacle doit avoir lieu dans deux jours et apparemment, contrairement à l’avis de deux médecins dûment consultés, je risque de ne pas pouvoir « assurer », de pas tenir la parole donnée à quelqu’un qui a misé sur moi !
PLUS DE VOIX ! Et si cela devait durer ? Quoi faire ? Que faire ? Comment faire ? La publicité est faite, les affiches sont collées, les amis prévenus. Si dans deux jours pas de voix…. pas de spectacle ? Cela serait si cruel de ne pas monter sur cette scène qui me tend les bras, qui va me permettre de me battre, de prouver que deux heures de poèmes cela se vit comme une pièce de théâtre, un grand classique, que sais-je ! Et si cela, qui me semble toujours impossible, devait arriver, que faire vis-à-vis du public, de cette unique soirée dédiée en France aux amoureux des mots ?
La seule solution qui m’apparaît correcte : rédiger un message, un écrit : faute de parole, justifier de cette situation auprès des amis qui se seront déplacés, et de Marie Laure qui m’a programmée. Afficher ce message au TOURNESOL et être présente ce soir là.
Le message est rédigé, prêt à être affiché samedi, uniquement si besoin est..
Mais, lors de la REDACTION de ce MESSAGE un grand doute s’élève en moi ! Doit on dire donc écrire, donc écrire « l’unique solution qui m’est apparue », ou « l’unique solution qui me soit apparue » ? C’est là que se situe le quiproquo : J’adresse à Rosa, bonne conseillère pour les formulations grammaticales, le SMS suivant sans aucune autre indication :
«l’unique solution qui m’est apparue, » OU « l’unique solution qui me soit apparue » ?
J’attends, par SMS, sa réponse grammaticale. Bizarre, aucun SMS en retour…
Quelques minutes plus tard, la porte d’entrée s’ouvre et voilà Rosa qui se précipite sur moi, me secoue et bouleversée, totalement affolée, me jette :
« Qu’est-ce qui se passe… qu’est-ce qu’il y a… Tu vas mal ? C‘est quoi ton UNIQUE SOLUTION ?.... TU VEUX EN FINIR AVEC LA VIE POUR UNE MALHEUREUSE SOIREE DE POESIE DANS UN COIN PERDU ?
Moi qui suis sur mon ordinateur, concentrée sur la présentation de mon message pour le Théâtre, je la regarde, statufiée !
- « Mais qu’est-ce que tu me racontes ? »
- « Et toi, tu as vu ce que tu m’écris ? D’accord, c’est grave si tu ne joues pas samedi, mais tu n’as pas le droit de me dire « mon unique solution ». Tu te rends compte, non ?
?... ?...?... Et subitement, après un silence étonnant, elle saisit son portable, me relit la teneur du SMS que je lui ai fait parvenir……et nous éclatons de rire toutes les deux en même temps : Elle de soulagement, moi de la tournure prise par les évènements.
J’aime la scène démesurément, mais de là à jouer les « Vatel » dans ma vie, non.
Quiproquo qui mérite bien un préambule, non ?