29 Juin2011 - « Monsieur Ferré »
J’étais comme tout le monde, j’adorais Brel ; J’aimais Brassens et sa pensée ; Aussi le talent indéniable de Léo Ferré. ( et de quelques autres bien sûr !)
C’est en 1977 que j’ai écrit le poème « Mr Ferré ».qui suit ce préambule .C’est donc dans ces années là que je suis allée voir, sur scène, à Paris ce « Grand de la Chanson ».
Il est probable que Léo Ferré traversait dans sa vie privée une période noire. Mais, ce dont je garde un souvenir intact, c’est de la révolte qu’avait suscité en moi, à la sortie du spectacle, le répertoire jeté en pâture à « son public » : Un pessimisme qu’il projetait allégrement sur de jeunes adorateurs ou admiratrices, tous inconditionnels de cet homme : Magnifiques paroles, certes ! Mais qui ne pouvaient qu’encourager à se suicider rapidement, (sauf Lui ? ) ou à détester la société toute entière.
Il était alors accompagné sur scène de musiciens, annonciateurs de ces« groupes en gestation » qui allaient rapidement pulluler, hurlant et cassant tout sur scène », quémandeurs de subventions allègrement distribuées ! Joyeux groupes qui ne manqueraient pas, à leur tour, de décrier les autres, responsabilisant le monde, la société, LA VIE.
J’ai écrit,à la demande de la Sacem, -que « j’assumais la responsabilité de ce poème, contre Monsieur Ferré ». Comme de n’importe lequel de mes écrits d’ailleurs...
Et puis, des années plus tard, des amis, inconditionnels de Léo Ferré, m’ont invitée à venir l’entendre à Alès, au théâtre. Fort étonnés que je n’ai pas déjà réservé ma place pour l’entendre et LE VOIR !
Incroyable ! Tout seul, sans musicien, juste une chaise sur la scène il me semble, une sono pour la musique de certaines chansons, sans décors, je retrouvais le Léo Ferré dont j’aimais les mots : Cette simplicité, qui pour moi faisait de lui le poète authentique de notre siècle. Il est même descendu dans la salle, avec sa seule guitare, et je me suis demandée quelle (ou quelles ) rencontre de qualité avait pu, avant sa disparition, le rendre à sa mission .
Pauvres Petites fourmis que nous sommes, avons-nous le droit revendiquer le nom d’artiste, lorsque ce n’est pas pour le bonheur des autres (le nôtre en découlant naturellement ! ) que l’ on a eu la chance de recevoir un tel don à sa naissance.
Même…même… si l’on a beaucoup travaillé sa vie durant pour faire fructifier ce don, comme Léo Ferré je suppose.