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16 juillet 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Jeune, sans un esprit de recherche déterminé à agir, à essayer de se dépasser, comment peut-on aspirer à « la retraite » ? Comment peut-on passer son temps à l’attendre, SA retraite, une bonne partie de sa vie ! Je me le demandais à vingt ans, je me le demande toujours.
J’ai eu raison d’écrire le 26 juillet 1973 « Ne les écoute pas » (En tant qu’écriture, d’accord, ce n’est pas là un de mes meilleurs poèmes) : Cependant je pense de plus en plus qu’agir en fonction des bons conseils que l’on se permet de vous donner, dès lors que vous ne les avez pas demandés, est redoutable ! Sauf si ces mots viennent directement du cœur, vers d’autres cœurs, quelquefois hésitants.
Dans ce préambule-ci ce ne sont pas des conseils que je donne : Simplement un poème dont j’ai vérifié, avec le temps, la teneur… et par la même occasion mon manque probable de sagesse ? Allez savoir !


Et l'on te dira ceci et cela ...
D'autres patati, d'autres patata ...
Peut-être que, crédule, tu croiras,
En ces propos, en tout ce blablabla ...
Peut-être bien que tu te ruineras
En frais d'huissier, constatant les dégâts
Que fait la pluie, qui tombe sur les toits ...
En banlieue tu crois que tout ira,
Mais d'ennui - peut-être que tu périras !
Peut-être que le Pérou te décevra ...

Lorsqu'on te dira ces banalités,
Sache qu'il n'y a qu'une vérité ...
Que pour être heureux, en réalité
Rien n'est important, que le verbe aimer ...
Aimer sans arrêt, sans s'occuper d'eux ...
Aimer un ami ou en aimer deux
Aimer de passion ou à petit feu
Aimer un seul être ou beaucoup, beaucoup ...
Aimer simplement à en être fou ...
Mais, aimer, aimer, aimer à tout coup.


Simone Raton
26 Juillet 1973
  
Ne les écoute pas

Lorsqu'on te dira "Tu vis sous les toits"
Hiver comme été, il n'y fait pas froid !
Porte refermée, on se sent chez soi
Essaie tout de même de parler tout bas ...
On n'est pas tout seuls ... Les voisins sont là !
On peut les gêner ... Dix heures ? Tais-toi
Tu joues les mimi-pinsons, et ma foi,
Tu as de la chance ... Un peu à l'étroit ?
Pas pour les copains ... C'est divin, chez toi
Que tu nous héberges, et ... on est ... les rois ...

Lorsqu'on te dira "Va vivre en banlieue"
Argent amassé, tu seras heureux !
Salué très bas tu vivras bien mieux
Que dans cet immeuble, que dans ces lieux
Où tout est vétuste, où le grand ciel bleu
Ne se voit jamais ... Ou si peu ... Si peu ...
C'est organisé, et peut-être bien
Qu'on t'accordera d'y garder ton chien !
C'est standardisé, tu n'y feras rien
Tu pourras attendre, et ... y crever bien ...

Lorsqu'on te dira "Va vivre en Espagne"
Là-bas, c'est vraiment la vie de cocagne !
Soleil en hiver, la mer, la montagne ...
Les autochtones seront tous à tes genoux !
Ils te salueront, ils fileront doux.
Tu pourrais aussi aller au Pérou !
Dans tous ces pays on n'attend que nous,
Petits parisiens tout gonflés d'idées
Hélas, tellement bien enracinées,
Prétentieux qui vont devoir capituler.
Ne les écoute pas