2 août 2011
« La mort du Dauphin » De Daudet.
Evoquer Alphonse Daudet, ce n’est pas se souvenir des « Lettres de mon moulin » en ne citant que la si jolie petite histoire de « la chèvre de Monsieur Seguin », apprise par cœur, à l’école ! Certes, c’est charmant ! Attendrissant ! Mais c’est dans « l’homme à la cervelle d’or », ou « La mort du Dauphin » que se révèle l’homme, l’écrivain, sa perception de la vie…C’est peut-être grâce à ce genre d’auteur -un peu oublié - démodé- que l’on s’interroge sur l’humanité…l’égo….L’influence de la religion que l’on nous a inculquée (ou non) étant enfant... et les enseignements que l’on en tire quotidiennement lorsque, plus tard, on CHOISIT sa vie.
Dans « ses lettres » Daudet touche à l’essentiel, or qui veut entendre l’essentiel ? Dans « Ballades en prose » lorsque Daudet commence par « le petit Dauphin est malade, le petit Dauphin va mourir » l’auteur décrit magnifiquement l’émoi de son entourage, la cour, les majordomes, la suite, l’environnement de l’enfant…. Mais ce qui est intéressant c’est ce que dit le Petit Dauphin, voyant sa mère en larmes :
-« Madame la Reine, pourquoi pleurez-vous ? Vous oubliez que je suis le Dauphin, et que les Dauphins ne peuvent pas mourir ainsi. »
Naturellement chacun intervient à sa façon pour raisonner l’enfant. Finalement l’aumônier, à voix basse, essaie d’expliquer au petit Dauphin que la mort…..Mais celui-ci l’interrompt brutalement :
-« Je comprends bien ce que vous me dîtes, monsieur l’abbé ; Mais enfin, est-ce que mon petit ami Beppo ne pourrait pas mourir à ma place en lui donnant beaucoup d’argent ? … »
Bien sûr, l’aumônier essaie de faire entendre raison au petit garçon, ce à quoi notre Dauphin rétorque
« Je sais que le Bon Dieu est mon cousin et ne peut manquer de me traiter selon mon rang. »
Et comme l’aumônier se penche pour la troisième fois vers l’enfant royal, celui-ci l’interrompt avec colère :
« Mais alors, d’être Dauphin, ce n’est rien du tout ? »…..
Et sans vouloir plus rien entendre, le petit Dauphin se tourne vers la muraille et pleure amèrement.
C’est pour cela que, pour transmettre le moyen d’être heureux dans le bouddhisme de Nichiren Daishonin, il est essentiel d’avoir le courage d’expliquer qu’il n’est pas de Dieu extérieur à nous, mais qu’il y a L ‘ETERNITE DE LA VIE. Eternité qui donne une raison de tenter de s’améliorer chaque jour, pour aborder notre prochaine vie avec le maximum de bienveillance, après avoir changé notre karma négatif en un karma positif.
Tout dépend toujours de ce que l’on CROIT. Et comprend. Et vit.