Paris, j'ai oublié tes Tuileries ;
Tes Tuileries où les enfants
Ne jouent plus parce que des grands
Vont là s'encanailler un peu
En jouant à de drôles de jeux ...
Ton bois de Boulogne, qu'antan,
Je parcourais, en méditant,
Quand ces dames de Saint-Denis
N'avaient pas ton herbe, pour lit,
Au prix de quelque "écu", pardi.
Paris, j'ai trop aimé tes quais,
Où je lisais Verlaine
Tes vieux chiens, errants et sans chaîne,
Tes clochards qui buvaient en paix,
Tes solitaires qui pêchaient
Pour supporter ta voie sur berge,
Tes poissons crevés qui émergent,
Tes voitures qui ont pris le pas
Sur le passant, sur le repas
Que l'on prenait au bord de l'eau.
Paris, si tu savais,
Comme elle existe, encor, la France,
Comme elle rit, notre Provence,
Comme le Roussillon est beau
Avec ses mas et ses hameaux,
Comme survit le Languedoc
Avec ses rites et ses rocs
Ses routes enlacées ; les
Gris de chaque pierre des logis :
Té, Paris, si tu le savais,
Je crois bien que tu t'en irais !
Simone Raton
23 Septembre 1981