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Paris, j'ai oublié tes Tuileries ;
Tes Tuileries où les enfants
Ne jouent plus parce que des grands
Vont là s'encanailler un peu
En jouant à de drôles de jeux ...
Ton bois de Boulogne, qu'antan,
Je parcourais, en méditant,
Quand ces dames de Saint-Denis
N'avaient pas ton herbe, pour lit,
Au prix de quelque "écu", pardi.

Paris, j'ai trop aimé tes quais,
Où je lisais Verlaine
Tes vieux chiens, errants et sans chaîne,
Tes clochards qui buvaient en paix,
Tes solitaires qui pêchaient
Pour supporter ta voie sur berge,
Tes poissons crevés qui émergent,
Tes voitures qui ont pris le pas
Sur le passant, sur le repas
Que l'on prenait au bord de l'eau.

Paris, si tu savais,
Comme elle existe, encor, la France,
Comme elle rit, notre Provence,
Comme le Roussillon est beau
Avec ses mas et ses hameaux,
Comme survit le Languedoc
Avec ses rites et ses rocs
Ses routes enlacées ; les
Gris de chaque pierre des logis :
Té, Paris, si tu le savais,
Je crois bien que tu t'en irais !


Simone Raton
23 Septembre 1981
Paris, si tu savais ...

Paris, je t'ai quitté
Et j'ai retrouvé les saisons,
Leurs couleurs et la déraison
Des cieux, lorsqu'il pleut à torrent,
Que l'on entend souffler le vent,
Que l'on s'alarme, qu'on a peur,
Que l'on se terre en sa demeure
Tant la pluie a tout envahi
... Pour mieux sentir vibrer la vie
Que tu m'avais ravie, Paris.

Paris, je t'ai laissé,
Pour ré entendre les oiseaux,
Revoir l'envol des passereaux,
Observer l'abeille en la fleur
Déguster, du miel, la saveur,
Admirer le bleu des lavandes
Dans des champs où ne se répandent
Aucun de ces engrais chimiques,
Mais où la terre, biologique,
Fonctionne, comme au bon vieux temps.

Paris, je t'ai aimé :
Pourtant tu m'as volé ma vie
En me privant de ces nuits noires
Où l'on sent vibrer le terroir,
En me frustrant de ces matins,
Où le givre fait un satin
Sur les mûriers, sur les chemins,
En me retirant ces aurores
Où l'on devine que la mort
Est simple, comme l'est la vie.

  
Paris, si tu savais
7 février 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Plus les racines sont profondes, plus luxuriantes sont les branches.
Plus la source  est lointaine, plus le courant est long.
- Nichiren Daishonin -

Etre née à Paris, de parents devenus parisiens à l’âge de 5 ou 6 ans, c’est n’avoir aucune famille en province. C’est n’avoir pas de terre sous les pieds, pas de vieille maison pleine de souvenirs qui vous attendent pour un week-end ou des vacances. C’est n’avoir pas de racines.