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25 février 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Je suis comme tout le monde je critique souvent les émissions de la télévision. Cependant, pour compenser le manque d’humain à mes côtés durant la nuit,  je regarde la télévision  plus qu’il ne le faudrait.
Ce soir, « Des Racines et des Ailes » présentait, avec le concours et  la présence  de l’historien Alexandre Gady et de Lorànt Deutsch, l’histoire de « Paris rive droite ». Thème de l’émission : les grands boulevards, l’Hôtel de Ville, le Marais au cœur de l’histoire.
J’ai vécu toute mon enfance et adolescence dans ce quartier de Paris, au  94 de la rue du Temple, en plein cœur du Marais.


Malgré le bruit du ventilo
Qui débitait quelques kilos
Pour aérer le restaurant,
Qu’était installé, ... amusant !
Juste en d’ssous d’ma chambre à cent francs ...
Bon ! Je m’suis dit, je vais m’doucher ...
Mais la douche qu’était sur’l’palier
Etait justement occupée
Par un monsieur que j’n’ai pas vu
Mais que j’ai, grand dieu, entendu ...
Le genre qui prend ses ablutions
A grands renforts de sensations,
De toux et d’onomatopées ...
J’ai pensé, « va donc te laver
Dans ta chambre ... y’a un lavabo ...
Il a l’air propre, s’il n’est pas beau ... »
Mais l’eau chaud’ne fonctionnait pas
Vu que c’était l’heure des repas
Et qu’dans un hôtel-restaurant
(Du moins ceux où l’on paie cent francs),
L’eau chaude est pour le lave-vaisselle
Quand des r’pas y’en a à la pelle ...
Alors ... j’ai pris ma brosse à dents
Et c’est tout c’que je m’suis lavée
Avant d’aller me reposer.

Oh, j’ai pas dormi bien longtemps
... Vers vingt-trois heures, y’a les clients
- Locataires d’la chambre à côté -
Qui sont rentrés ... et ont tenté
D’mettre leur clé ... dans ma serrure.
La peur que j’ai eue, je vous jure
Je n’suis pas prête de l’oublier.
Enfin ... ils se sont excusés :
Les vacances ... quelques apéros ...
Ok ... Je me suis rendormie.
Pas pour longtemps ... vers les minuits
Y’a l’orage qui est arrivé.
Comme la gouttière était cassée,
C’étaient les chut’ du Niagara
Qui descendaient, fallait voir ça,
Ou plutôt il fallait entendre
Le bruit que ça f’sait dans ma chambre ...
Impossible de fermer l’œil.
Alors j’ai attrapé une feuille
De papier ... et puis j’ai écrit
Afin d’exorciser le bruit
Que faisait le vent dans les branches ...
Las ! j’ai songé à ma voiture ...
Ma vieill’ 2 ch’vaux et sa toiture
Qui prend l’eau de tous les côtés ...
C’est vrai que j’avais oublié
Que les p’tits hôtels à Guingamp
N’ont pas de garage pour ranger
Les véhicules ... surtout l’été ...
Alors je me suis rendormie
En profitant d’une accalmie
Et pour ne pas imaginer
Ma voiture ... le moteur noyé
Enfin tout ce qui d’main m’attend
Grâce au p’tit hôtel à cent francs ...


Guingamp
Simone Raton
9 Septembre 1984
Un petit hôtel ... à cent francs !

Mais oui, Madame, nous disposons
D’une chambre ... Eh bien disons,
Pour une nuit, tout simplement.
Oh non, on ne voit pas la mer
Mais on l’entend, lorsqu’elle s’affaire
A rouler ses galets ... peuchère !
Parvenir à satisfaire
Tous ces vacanciers à la rue
Je vous assure, ... c’est ardu.
... Plus loin, vous ne trouverez rien,
Surtout que vous avez un chien ;
Il n’est pas gros, on est d’accord,
Mais les chiens ça nous fait du tord
A nous, l’été, dans l’hôtellerie ...
Oui ma p’tite dame, comme je vous l’dis.
... L’hiver ... bien sûr ... on ferme les yeux :
Dame, les clients y’a pas la queue
Comme aujourd’hui, en plein été.
Faut prendr’c’qu’on trouve :
Voilà la clé.
Vos bagages ? Vous vous les mont’rez,
Car on veut bien vous dépanner
Avec la p’tite chambre du premier
Mais on a l’restaurant en bas
Qu’est déjà plein ... Y faut des bras ...
Et ... passez une bonne nuit,
Dormez bien, vous faites pas d’soucis.

Au fait ... si ça n’vous ennuie pas,
Pour les cent francs ... ça s’rait sympa
De m’les payer avant d’monter
Dans vot’chambre ... faut simplifier
Tout c’qui est comptabilité :
Pour nous autres, restaurateurs,
J’vous jure que c’est ardu, à c’t’heure ...
Allez, maint’nant qu’tout est réglé
Dormez en toute tranquilité.
Qu’est-ce que vous m’avez demandé ?
Qu’on vous réveille, vers les six heures ?
Mais ma p’tite dame, on n’pourra pas.
Nous, on travaille, on n’se lève pas
Avant les huit heures du matin :
C’est l’moment où tout un chacun
Désire prendr’ son p’tit déjeuner.
L’prochain coup, pour vous réveiller,
Dans vos bagages faudra glisser
Un p’tit réveil, pas encombrant ...
Comm’ça vous serez libre ... vraiment ! ! !
Allez, ma p’tite dame, dormez bien.
... Et puis, pour c’qui est du p’tit coin,
C’est au troisième, couloir du fond ...
On n’y voit pas bien, attention ...
Vous savez c’que c’est qu’les clients ...
Ils vous cassent tout ... c’est terrifiant.
Allez, profitez d’vos vacances.
On peut dir’qu’vous avez d’la chance
D’avoir trouvé où vous coucher ...
Mi-septembre, c’est encor’l’été ...

Comm’ j’étais vraiment fatiguée,
Qu’j’étais partie pour un’tournée,
Que je ne savais où dormir -
J’nai pas eu l’courage de r’partir,
Même quand j’ai vu que le bidet
Faisait face au lit, s’il vous plaît,
Qu’mes f’nêtres donnaient sur les cuisines
Et qu’ça sentait la margarine
Un petit hôtel à 100 francs