Un petit hôtel ... à cent francs !
Mais oui, Madame, nous disposons
D’une chambre ... Eh bien disons,
Pour une nuit, tout simplement.
Oh non, on ne voit pas la mer
Mais on l’entend, lorsqu’elle s’affaire
A rouler ses galets ... peuchère !
Parvenir à satisfaire
Tous ces vacanciers à la rue
Je vous assure, ... c’est ardu.
... Plus loin, vous ne trouverez rien,
Surtout que vous avez un chien ;
Il n’est pas gros, on est d’accord,
Mais les chiens ça nous fait du tord
A nous, l’été, dans l’hôtellerie ...
Oui ma p’tite dame, comme je vous l’dis.
... L’hiver ... bien sûr ... on ferme les yeux :
Dame, les clients y’a pas la queue
Comme aujourd’hui, en plein été.
Faut prendr’c’qu’on trouve :
Voilà la clé.
Vos bagages ? Vous vous les mont’rez,
Car on veut bien vous dépanner
Avec la p’tite chambre du premier
Mais on a l’restaurant en bas
Qu’est déjà plein ... Y faut des bras ...
Et ... passez une bonne nuit,
Dormez bien, vous faites pas d’soucis.
Au fait ... si ça n’vous ennuie pas,
Pour les cent francs ... ça s’rait sympa
De m’les payer avant d’monter
Dans vot’chambre ... faut simplifier
Tout c’qui est comptabilité :
Pour nous autres, restaurateurs,
J’vous jure que c’est ardu, à c’t’heure ...
Allez, maint’nant qu’tout est réglé
Dormez en toute tranquilité.
Qu’est-ce que vous m’avez demandé ?
Qu’on vous réveille, vers les six heures ?
Mais ma p’tite dame, on n’pourra pas.
Nous, on travaille, on n’se lève pas
Avant les huit heures du matin :
C’est l’moment où tout un chacun
Désire prendr’ son p’tit déjeuner.
L’prochain coup, pour vous réveiller,
Dans vos bagages faudra glisser
Un p’tit réveil, pas encombrant ...
Comm’ça vous serez libre ... vraiment ! ! !
Allez, ma p’tite dame, dormez bien.
... Et puis, pour c’qui est du p’tit coin,
C’est au troisième, couloir du fond ...
On n’y voit pas bien, attention ...
Vous savez c’que c’est qu’les clients ...
Ils vous cassent tout ... c’est terrifiant.
Allez, profitez d’vos vacances.
On peut dir’qu’vous avez d’la chance
D’avoir trouvé où vous coucher ...
Mi-septembre, c’est encor’l’été ...
Comm’ j’étais vraiment fatiguée,
Qu’j’étais partie pour un’tournée,
Que je ne savais où dormir -
J’nai pas eu l’courage de r’partir,
Même quand j’ai vu que le bidet
Faisait face au lit, s’il vous plaît,
Qu’mes f’nêtres donnaient sur les cuisines
Et qu’ça sentait la margarine