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... Ben, ce jour là, z’ont pas l’moral,
Et d’vos beaux yeux, ils s’foutent pas mal.
Ils vous installent dans vot’panier,
( histoire d’avoir l’air d’vous aimer )
Puis ils s’en vont, toute la journée
Pour se distraire, pour oublier ...
Et quand ils r’viennent, qu’on r’mue la queue,
Ils vous balancent « Qu’est-ce que tu veux ? »
Fous-moi la paix, bouffe ta pâtée ...
Laisse-moi, j’ai mal à en chialer ...
C’est pas toi qui peux m’consoler,
Alors, fous l’camp, allez barre-toi
C’qu’il est bête, cet animal là ...
Alors moi, triste, j’attends qu’ça s’passe,
Je m’couch’en rond, j’lui fais pas d’crasse.
J’sais bien qu’nous sommes deux copains,
Et qu’tout à l’heure, ell’r’d’viendra chien.
Et même qu’ell’me prêt’ra sa main
Pour un’p’tite gratte, derrière l’oreille.
Et c’est pour ça que j’la surveille !
Je fais l’mort pour qu’elle oublie
Que j’existe : car si d’autr’s’en foutent,
Moi, à ce sujet, y a pas d’doute :
Si ell’m’vend pas comme ses fromages,
Si ell’m’pique pas, parc’qu’j’ai la rage,
Si ell’me fout pas dans un ch’nil
En racontant que j’suis débile,
Si ell’m’met pas à la campagne
En disant que j’bats la campagne,
J’suis pas prêt d’la laisser tomber.
C’est ma maîtresse, j’l’accompagne
Partout : quand ell’veut bien m’emm’ner.
Vous, vous grisez au champagne,
Moi, je m’saoule de son amitié.
Voilà, j’vous ai tout raconté,
Alors, bye bye, la société !


Simone RATON
Mai 73
PIM

Ben, je m’présente, j’m’appelle PIM
J’suis son p’tit clebs, j’suis son p’tit chien,
Je suis le p’tit pote qu’elle aime bien.
Sûr, j’la connais mieux qu’ses clients
J’connais ses poèmes, et ses rimes ...
Et aussi les trucs qu’ell’emploie
Pour vous distraire, ou pour la frime.
Quand ell’pleure, y’a qu’moi qui la voit.
Moi, ça m’fait jamais rigoler
De l’écouter quand ell’fait l’pître
Pour vous distraire, vous faire marrer.
Pardi, c’est pas moi qu’en profite
De tous les poèmes qu’ell’vous dit.
J’aim’mieux quand ell’pense pas à ça.
J’préfère quand ell’m’prend dans ses bras
Pour me brosser, pour que j’sois beau,
Ou qu’ell’m’ballade dans l’caniveau.
Mais des coups, ça lui suffit pas :
J’ai beau la r’garder, lui fair’d’oeil
Lui fair’des lichettes sur les pieds
Fair’des conn’ries pour l’amuser,
Y’a des jours, elle a l’âme en deuil.
Et alors là, y a rien à faire !
Elle écoute même plus mes prières,
Ell’s’fout pas mal d’ma compagnie :
J’suis sûr qu’dans sa tête ell’me r’nie !
Pourtant, ell’sait bien qu’j’suis son chien,
Et que j’l’adore, et que j’l’aime tiens
Presqu’autant qu’la p’tite péquinoise
Qui est v’nue bouffer au resto ...
Et qu’à voulu m’chercher des noises
Parc’que, moi, ... j’suis encor’puceau !
Non mais y’a des fois qu’les humains
On n’peut pas piger, nous, les chiens.
On est gentils, on fait c’qu’ils veulent
On arrive à fermer sa gueule,
A s’coucher just’quand on vous l’dit
Et même à ne pas faire pipi
Quand on voudrait, ... qu’on a envie
On obéit, on ferme les yeux ...
On s’dit que tout s’ra pour le mieux
Pim
21 août 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Tout est si long à expliquer lorsque l’on ne peut plus parler à la vitesse de son cerveau ! Donc, curieusement,  Yvette et Agnès, pratiquantes et responsables Bouddhistes doivent venir pratiquer avec moi.
C’est bien : je pleure rarement, mais la mort d’un chien  m’a toujours atteint trop fort : les attachements, oui, je sais ; l’animalité, oui je sais, je sais, je sais…
Hier une des deux chiennes élevées par moi, très vieille et qui a vécu tant de choses, de séparations, de retrouvailles, ne pouvait plus descendre la moitié de mon escalier pour aller dans le minuscule jardinet où elle peut…etc. propre jusqu’au bout cette pauvre bête  ne tenait plus debout que par... miracle ... J’ai horreur de ce terme. Je l’ai, péniblement hélas, portée en bas des 8 autres marches….