PLUS LOIN
Si souvent, sans me ménager
Pourquoi ai-je déménagé ?
Pourquoi ne point « m’être rangée ? »
Je me suis donc interrogée
Et je vais tenter d’abréger,
De « Lettres » n’étant point agrégée.
….A vouloir tant déménager.
C’est qu’en fait je suis habitée
- Que dis-je habitée -, envahie !
Par les mots, les grands, les petits.
Maux de gens qui pleurent et qui rient…
Sans omettre ceux qui s’écrient :
« Ne me parlez pas poésie
C’est suranné, cela ennuie ».
Je m’en vais sans ambiguïté
Tout vous dire, tout raconter.
C’est que je suis l’infortunée
Qui chevauche mois et années
Dont la dure réalité
Est de se trouver « habitée »
Par ses mots et ses émotions :
Ils m’habitent, j’ai la bougeotte,
Il me faut le dire à des potes !
C’est ainsi que je déménage
Sans tenir compte de mon âge.
La sagesse ? L’ai recherchée :
Petit rêveur sur son rocher !
Mais à vouloir courir le monde
-Vérifier que la terre est ronde-
J’ai sur elle, - qui sait-, trop tourné,
Et de mon chemin, détournée,
Que ne suis-je cet escargot
Qui porte maison sur son dos !
Mais l’escargot n’a point d’égo ;
Il bave: moi je dis des mots.
Disons : j’en ai assez bavé !
« Nous pensons que tu déménages
Toi qui viens de te hasarder
A déménager à ton âge !
Tu n’as que ce que tu mérites !
Eh bien ! Ca y est, tu es quitte !
Tu voulais nous faire partager
Précisais-tu « en abrégé »
Le motif, plutôt… les raisons,
Qui t’ont fait quitter des maisons
Et sans regret DEMENAGER !
Puisqu’à Calais tu te plais bien,
Sois sage. Ne va pas plus loin. »
Simone Raton
Calais 8 août 2006