[./index.html]
[Web Creator] [LMSOFT]
PLUS LOIN

Si souvent, sans me ménager
Pourquoi ai-je déménagé ?
Pourquoi ne point « m’être rangée ? »
Je me suis donc interrogée
Et je vais tenter d’abréger,
De « Lettres »  n’étant point agrégée.

….A vouloir tant déménager.
C’est qu’en fait je suis habitée
- Que dis-je habitée -, envahie !
Par les mots, les grands, les petits.
Maux de gens qui pleurent et qui rient…
Sans omettre ceux qui s’écrient :
« Ne me parlez pas poésie
C’est suranné,  cela ennuie ».
Je m’en vais sans ambiguïté
Tout vous dire, tout raconter.
C’est que je suis l’infortunée
Qui chevauche mois et années
Dont la dure réalité
Est de se trouver « habitée »
Par ses mots et ses émotions :
Ils m’habitent, j’ai la bougeotte, 
Il me faut le dire à des potes !
C’est ainsi que je déménage
Sans tenir compte de mon âge.
La sagesse ?  L’ai recherchée :
Petit rêveur sur son rocher !
Mais à vouloir courir le monde
-Vérifier que la terre est ronde-
J’ai sur elle, - qui sait-, trop tourné,
Et de mon chemin, détournée,

Que ne suis-je cet escargot
Qui porte maison sur son dos !
Mais l’escargot n’a point d’égo ;
Il bave: moi je dis des mots.
Disons : j’en ai assez bavé !
« Nous pensons que tu déménages
Toi qui viens de te hasarder
A déménager à ton âge !
Tu n’as que  ce que tu mérites !
Eh bien ! Ca y est, tu es quitte !
Tu voulais nous faire partager
Précisais-tu « en abrégé »
Le motif, plutôt… les raisons,
Qui t’ont fait quitter des maisons
Et sans regret DEMENAGER !
Puisqu’à Calais tu te plais bien,
Sois sage.  Ne va pas plus loin. »


Simone Raton 
Calais 8 août 2006
Plus loin
8 décembre 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
« Rien ne sert de mourir  -  Pourtant il le faut bien » S.R.

L’ennui, lorsque l’on vous dit que le premier cancer dont vous sembliez définitivement guérie est entrain de récidiver, c’est que, - avant d’entreprendre quoi que ce soit-, la pensée se précipite pour vous dire « à quoi bon si jedois mourir dans quinze jours !  Ou même  dans deux ou trois mois. C’est « là » qu’il faut se répéter qu’une seule journée de vie humaine est plus importante que tout le reste. Croire à la force de Vie qui nous motive, refuser le doute, être cool, sereine, comme me disent les copains qui, eux, ont 40 ou 60 ans et se portent encore bien.
Donc, voyageant  (par la pensée puisque mon corps me limite à  ne faire que 1 à 2  kilomètres par jour, et encore,  en voiture automatique !)  il me semblait qu’en écrivant un poème intitulé « PLUS LOIN » ce serait le dernier voyage que j’entreprendrais. Je ne me méfiais pas de l’ultime qui est dérangeant puisque l’ont on ne peut en  fixer la date de départ. Au fond, on déménage pour aller « plus loin » jusqu’au moment où l’on ne déménage « PLUS » ...