6 juillet 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.
- Laisser le temps au temps -
C’est fou de constater à quelle vitesse les mœurs évoluent : En 1948, 49, ou 50 nous avions décidé, Madeleine et moi, de visiter l’Italie: Toutes deux fonctionnaires, auxiliaires à l’époque, nos faibles moyens nous avaient permis d’organiser des vacances peu coûteuses, mais qui se voulaient riches en découvertes touristiques ou excursions (décidées et choisies exclusivement par et pour nous deux).
En effet une occasion unique de se déplacer à moindre frais se présentait à nous :
«L’année PAPALE».
Un unique billet de transport, (prix modique je suppose), permettait d’aller, par voie de chemin de fer, où bon vous semblait sur le territoire italien. Nous avions donc prévu de dormir la nuit dans les trains, afin de mettre nos journées à profit pour visiter, découvrir, voyager en toute liberté ! Rome, Florence, Rimini, Venise etc. etc. !
Or, le premier souvenir que je devais rapporter de notre arrivée à « Milan » ce fut l’attroupement que nous avions suscité dès notre descente du train. Madeleine était « en pantalon » : Scandale ! Mécontentement ! manifesté si fort par les passants (qui faisaient cercle autour de nous) que nous avons dû trouver rapidement un hôtel, afin de pouvoir continuer notre périple toutes deux habillées en « filles ». Pour moi qui n’ai jamais porté de pantalon, c’était un premier incident de parcours ! Mais pour Madeleine, qui avait déjà accepté difficilement l’idée de passer 30 nuits sur les banquettes étroites des vieux trains italiens de l’époque-, être contrainte à voyager tout un mois en robe, c’était le comble !
En y repensant, peu de temps après, à Paris, La Comédie Française refusait ( !) de nous laisser entrer, malgré nos billets de réservation pris à l’avance, car «Madame était en pantalon ! » : Et pour cause : elle avait une jambe dans le plâtre après un accident de scooter et marchait avec une canne. Là aussi, nous avons dû faire marche arrière, ne pas assister au spectacle, malgré mes protestations véhémentes, réclamations, preuves etc. … »
Ceci dit, j’ai tout aimé en Italie. Sauf peut-être Venise : Là aussi il vaut mieux être dans la norme pour être amoureux sur une gondole.