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19 avril 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« L’Autonomie »

En panne, l’ordinateur ! Cinq jours à attendre que quelqu’un de « qualifié » me rende visite et trouve, en deux temps trois mouvements, le « truc » pour que ça remarche ! Que ce siècle de la technique me pèse ! Que je regrette parfois ma bonne vieille machine à écrire qui ne me donnait pas d’ordres : Certes, elle ne me signalait pas une faute d’orthographe, mais que c’était donc simple de travailler dix heures avec elle sans être interrompue par « une communication de l’appareil » qui me détourne de ce que je désirais écrire, de ma pensée.  Quand je pense qu’il y a du chômage alors que  des centaines de futures centenaires comme moi ne trouvent personne pour donner des cours d’informatique « simplement ». ! Des cours à un prix abordable, permettant à des « vieillissantes » d’utiliser intelligemment, c'est-à-dire en respectant le temps qu’il leur faut, et  si possible à domicile, internet et compagnie.
Prisonnier

Je t’avais mis en cage, ainsi que les oiseaux.
Je t’avais tout à moi : ton chant était si beau
Que j’écoutais ta voix, sans oser dire un mot.
Tu réveillais en moi Beethoven et Rimbaud.

La cage était petite, mais tu vivais bien
Et résonnaient en moi chacun de tes refrains.
Je regardais tes yeux, je connaissais tes mains.
Mon cœur s’était fondu quelque peu dans le tien.

Je m’endormais, bercée par le son de ta voix
Et tu m’emprisonnais un peu plus chaque fois.
Je m’étais habituée à n’entendre que toi
Tu étais l’océan dans lequel on se noie ...

Chacun de tes accords évoquait les rivages
Lorsque tu étais là, je devenais voyage
J’adorais ta prison, j’en oubliais la cage
J’oubliais que tout en toi était sauvage.

Au centre de la cage, tu semblais heureux
Toi qui aimes la pierre, tu faisais du feu
De la moindre brindille égarée en ces lieux :
Je t’écoutais jouer, le ciel devenait bleu.

La cage était jolie, je la décorais bien
Pour la rendre vivable à tes yeux et aux miens.
Mais tu étais semblable à ces petits indiens
Qui rêvent de chevaux, qui rêvent de chemins.

J’ai entrouvert la porte, tu t’es envolé.
Rossignol, il te faut plus haut aller chanter.
Je ne pleurerai pas : tu as bien mérité
De vivre à ta mesure : reprends ta liberté.


A Pedro Aledo
Simone Raton
Janvier 1974
Prisonnier