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Quand l’orage


Quand l’orage sera passé,
Que je te verrais anonyme,
Au volant de ta grosse auto,
Quand le temps aura délavé
La couleur de tes yeux en rimes,
Quand je n’aurais que ta photo.

Quand le vent aura emporté
Au loin ta jeunesse et ta joie,
Quand je dirais ton nom bien haut,
Quand les oiseaux pourront chanter
Sans n’évoquer rien que ta voix.
Quand mon cœur redeviendra chaud.

Quand je t’aurais, oui, oublié,
Que ton nom sera synonyme
De tout et de n’importe quoi,
Mais je n’ai pas de conclusion,
Quand ceci, quand cela,
C’est long, très long ...


Pour D.
Simone Raton
Juillet 1978
Quand l'orage
26 février 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« Oh ! Rage, Oh désespoir…
-Orage- ?
Quelle « sorte »  d’orage ? »

Je viens de relire « Quand l’orage », écrit dans un de ces moments où la violence de certains orages est si grande qu’elle emporte tout sur son passage, détruisant maisons, paysages, humains.
Je me souviens être allée m’asseoir, en plein coeur de la tempête, dans un cours d’eau, (eau  glacée qui descendait directement de la montagne) durant sept heures.
Je suis restée là, seule, attendant une fluxion de poitrine, un arrêt cardiaque, que sais-je, psalmodiant la même phrase afin de ne plus penser, de tuer la pensée, d’ouvrir les yeux sur ma réalité.
Ce fut le plus gros orage sentimental que j’ai vécu.
Aujourd’hui je pense que l’on perd un être que l’on a pu aimer démesurément, parce que l’on ne le méritait pas, et que l’on refusait de ne remettre QUE soi en question.
Pour me consoler, je me dis qu’il en est probablement de même lorsque la situation est inversée, et que l’on choisit de quitter l’autre…
Il n’y a pas de hasard. Pour certains d’entre nous la sagesse est longue à venir ; Or tout orage est bon à prendre, pour apprendre… avec du temps, à passer à travers l’orage.