29 décembre 2009 - S.R - Etre ? ou Avoir ?
Plusieurs jours sans écrire : C’est que si vous avez un cancer et qu’on vient de vous enlever un sein, (le second qui plus est, le second, dix ans après l’autre !), vous vous retrouvez dans les mains de « la médecine » .
D’accord, la chirurgie peut vous sauver, mais elle vous prend aussi votre « liberté ». Un peu ?... beaucoup ! Beaucoup de votre vitalité et de votre temps !
Bon, je vis, donc merci la vie.
Mais en attendant la guérison prévisible de ce 2ème cancer, je ne dispose que d un seul bras valide pour me servir de mon petit ordinateur tout neuf : c’est pire que de faire une petite caresse à ma chienne, dont j’ai dû –par sagesse, faute de bras pour la tenir en laisse !- me séparer momentanément.
J’avais envie d’évoquer Raymond Asso : Evidemment« ASSO » inconnu au bataillon des Grands Poètes !
Pourtant !
Voici quelques années j’ai écrit un « hommage à Raymond Asso », poète que j’ai aimé d’amour uniquement à travers ses écrits, écrits qui défendaient la vie et surtout l’homme ordinaire,
ordinaire étant pris dans le sens noble du terme.
- Parce que il me semble que Raymond Asso exprimait clairement à travers ses poèmes ce que tout le monde avait et a encore envie d’entendre,
- Parce que, en interprétant le plus souvent possible les mots de ce poète, je les ai fait miens ;
- Parce que Raymond Asso n’étant pas classé parmi les grands poètes, c’est en interprétant SANS MUSIQUE, sans jeux de lumières ces mots, que ceux-ci, toujours d’actualité, reprennent VIE ;
- Parce que, si un personnage de la dimension d’Edith Piaf a pu faire surgir toute sa valeur de chanteuse c’est que des gens comme Raymond Asso ont su écrire pour elle des paroles à sa mesure, (alors que l’on évoque la réussite d’une chanson en omettant, le plus souvent, de citer le nom du parolier, ce qui me paraît regrettable).
- Parce qu’il y a presque un siècle Raymond Asso disait, dans l’extrait de son texte COMBIEN :
« Je suis le seul vrai Dieu,
Je suis l’or, « tout puissant ! »…………...
(et qu’Il concluait en disant) :
« Il suffirait de peu de choses…
D’un peu d’amour et de raison
Il suffirait de dire Non.
Pour que… refleurissent les roses,
Pour que… s’écroulent les prisons,
Pour que… le monde enfin respire !
Il suffirait…. tout simplement
D’un formidable éclat de rire»
Il disait, déjà, tout ce que l’on se plaît à répéter de nos jours !
Et moi, en scène, j’ai toujours rajouté « BEAUCOUP d’amour et de raison ! »
J’ai tellement aimé jouer ce texte, ( poésie qui annonçait ce monde de robots dans lequel nous vivons et auquel nous participons à notre insu, puisque nous nous efforçons très rarement de changer notre comportement ) ; je suis tellement convaincue que pour être touché par la pensée de son auteur, il faut «L’ ENTENDRE », voici : COMBIEN ? texte de RAYMOND ASSO.
(PS : Renseignements pris auprès de la Sacem, impossible de le faire entendre : il n’y a pas 70 ans que R. Asso nous a quitté.)