15 mai 2011
Ce Dimanche, réunion bouddhiste à 14h30 des femmes de la région Sud-est et Sud-ouest de la France, à Trets. Trets, centre européen du bouddhisme de Nichiren Daishonin, situé à une quinzaine de kms d’Aix en Provence. Ce lieu que j’ai été une des toutes premières pratiquantes d’Europe à fouler aux pieds, alors qu’il était encore totalement en friche… véritable forêt vierge inaccessible, mais qui, si j’en croyais la Soka GakkaÏ et les on-dits de l’époque, deviendrait, avec le temps, - à n’en pas douter ! - un haut lieu du bouddhisme orthodoxe pour l’Europe toute entière !!! Mais ceci est une autre histoire que je raconterai une autre fois, car il faut rendre à César ce qui est à César.
Rendez vous donné (à 5 femmes des environs,) au MacDonald d’Alès à 10h30.
Voiture pleine : C’est bien ! Ecologie, économie, partage, cohésion tout est correct. Aucun retard : Françoise B. qui vient d’Anduze, Sylvie et Christine qui partent de St Privat des Vieux, moi-même qui habite Molière sur Cèze et une inconnue pour moi « Elisabeth », qui vient non pas du Gard mais de la Lozère.
A l’arrière de la voiture je suis assise bien calée entre Françoise et la nouvelle venue, dont nul ne m’a parlé jusqu’ici. Après quelques instants de silence, je questionne « Elisabeth » et la félicite : Ne vient-elle pas de faire deux heures de route dans sa propre voiture pour rejoindre Mende et le rendez-vous au Mac Donald d’Alès, alors que nous avons encore un long trajet à effectuer ? La réponse est un peu sèche de sa part : Ayant rencontré le bouddhisme depuis peu de temps, et désirant en apprendre davantage elle vient à Trets pour la première fois, invitée par Sylvie. Ah Bon ! Après un silence - un peu hostile me semble-t-il - comme nous sommes quelque peu serrées, à trois à l’arrière de la petite peugeot 206 - moi au milieu- (merci d’avoir perdu 50 kgs !) j’entreprends de lui parler bouddhisme, la priant de m’excuser de ne pouvoir que « murmurer » à son oreille étant donné mon infirmité vocale soi-disant momentanée.
J’ignorais que je n’en étais qu’au début des surprises que devait me réserver ce voyage ! Car la réponse est rapide et sans appel « Je comprends, je suis orthophoniste ! ». Et elle ajoute, « mais je suis sûre que je vous connais : Vous vous appelez Simone : Mais Simone comment ? ». J’ai à peine terminé de décliner mon identité qu’elle se tourne vers moi et m’embrasse d’une façon spontanée qui ne correspond pas à l’idée que je m’étais déjà faite de cette femme. « Mais oui, il y a 25 ans, à Salindres, la poésie… nos réunions de poésie… chez une-t-elle, une-t-elle, une-t-elle ! Je vous ai retrouvée sur votre site mais je ne savais pas où vous écrire….où vous joindre « .etc etc… etc (De plus, autre coïncidence me direz-vous, elle m’apprend que son premier mari, excellent musicien, est le seul homme avec lequel j’ai beaucoup travaillé dans les écoles et collège de Salindres !)
J’en aurais pleuré ! Moi qui hésitais à me lever à 6 heures du matin à l’idée de la fatigue de la journée, je retrouve subitement la joie de parler bouddhisme et poésie tout à la fois à quelqu’un qui m’a bien connue et qui me dira qu’elle se souvient que je lui avais bien dit que « j’étais bouddhiste » mais, d’après elle, sans insister davantage. Peut-être, à l’époque ne voulait-elle pas, ou ne pouvait-elle pas m’entendre …Possible aussi, car pour moi la poésie c’était mon travail, et qu’aux tout premiers pionniers il était recommandé de ne mélanger sous aucun prétexte « la loi merveilleuse et le travail ».
Eh oui j’aurais vécu toute ma vie avec ce dilemme : « penser d’abord à transmettre la loi pour que l’individu qui se trouve en face de moi ait le moyen de ne plus souffrir ». Ou….parler théâtre, poésie, auteurs, mises en scène, . et vivre de la Scène et d’un public qui vous aime pour cela, et rien que pour cela !
J’ai tellement aimé le théâtre, l’amour…les amoures, les contes de fées !
J’ai toujours cru ce que le bouddhisme prône, enseigne : «les désirs conduisent à l’illumination »…..Heureux ceux qui sont nés avec peu de désirs, et seulement la recherche de l’illumination.
Mais ceci aussi est un autre sujet, profond, difficile, à débattre, incompréhensible pour ceux qui ne sont pas artistes ou qui se sont crus nés pour n’être que cela.
L’égo, c’est si envahissant, si puissant, si démoniaque.