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2 avril 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« On est toujours puni par où l’on a péché »
 
SUBITEMENT, après mes lectures et études  philosophiques quotidiennes me revient en mémoire que lorsque,  à l’âge de 13 ou  14 ans, en cours de rédaction,  le thème proposé par l’institutrice était : « par une phrase courte quelle devise choisiriez vous pour vous  définir » ou quelque chose dans ce genre : et mon exposé avait été formulé de la façon suivante : « Applique toi et tais-toi, telle est ma loi ».Ceci me revient en mémoire fortement puisque je suis totalement aphone depuis bientôt 3 semaines et que je souffre de ne même  plus pouvoir  répondre au téléphone, bien que tentant tout pour guérir et,  surtout pour  comprendre  la raison  profonde de cette totale subite et brutale aphonie.
Remise en cause

Il m’avait tout donné, je me croyais guérie
Je découvrais la paix, alors je me suis dit
« Tu as droit au bonheur comme n’importe qui
C’est fini de souffrir, et puis, tu as vieillie ».

Il m’avait raconté qu’on guérit des passions
Réappris le mot « doux » et le mot « compassion »
Et je m’imaginais, à tort plus qu’à raison
Qu’était venu le temps de la morte-saison.

J’allais sur ton sentier, croyant avoir atteint
Le fond de cet enfer dont sont faits les humains
Le fond du désespoir, le bout de mes chagrins
La fin de mes amours à tout jamais éteints.

Je croyais que le temps-repos était venu
Repos pour le travail, repos pour la vertu
Repos pour ces tendances à jamais reconnues
Repos pour cette humanité qui n’en peut plus.

Repos pour des pensées longtemps dissimulées
Au nom d’une morale, au nom du sacré
Repos d’un lourd fardeau que l’on ne sait plus porter
Repos des soi-disant responsabilités !

Repos d’un long combat toujours recommencé
Les bons et les méchants - le faux, la vérité !
Repos d’une planète, sans aménité
Repos de cette vie ! Détresse d’exister.

Je croyais que c’était gagné : c’était folie !
Je suis allée trop vite, j’ai bien peu appris
La bonne route, je ne l’ai suivie qu’à demi
J’ai retrouvé l’enfer à coup de compromis.

Sur trois mille chemins un seul était le bon
Mais j’ai dû l’oublier, à ouïr les pinsons
J’ai pris le raccourci, trouvant le chemin long
Je crois qu’il est grand temps d’en tirer la leçon.

Je n’ai pas assez étudié dans les voyages
Ai-je pratiqué assez de sauvetages ?
Il m’arrive de manquer de foi, de courage
Avouons-le : je ne suis pas encore très sage !


Simone Raton
Juillet 1974
Remise en cause