7 janvier 2010 -3 heures du matin - S.R.
J’avais décidé de ne plus « penser Poésie » :
Décidé ! Facile à penser, facile à dire, oui. Mais… à écrire ?
Etant donné que cela fait bientôt deux heures que je tourne dans le lit sans parvenir à lire ou me rendormir (ne pas mettre la télévision car cela risquerait de déranger la voisine du dessous), je prends mon courage à deux mains : Je vais sur mon site.
J’ai dans la tête un poème écrit voici plus de trente ans « La soif » ; Je l’ai toujours interprété seule. Jusqu’à ma rencontre avec Rosa.
Rosa, qui n’était pas chanteuse lorsque nous nous sommes rencontrées, chantait… pour le plaisir de chanter. Mac Orlan, Aragon, Ferré, Bruant … des chansons du temps passé……Douée d’un timbre de voix particulier, de mémoire, elle chantait juste, débordait de vitalité, et de surcroît aimait la poésie, les mots, la littérature.
Amenées à vivre ensemble, plusieurs années, à certaines périodes de ma vie, nous avons alors commencé à…« travailler »… sur bon nombre de mes textes. Rosa m’accompagnant « A Capella », et, parfois, interprétant – seule - une chanson, en parfaite cohésion avec les poèmes choisis par moi en vue d’un spectacle déterminé La chanson et le poème devenant -dans notre pensée- «complémentaires ».
Toujours « à capella », grâce à sa sensibilité, à la justesse, la pureté de sa voix ;
Grâce aussi à la capacité–rarissime- qu’elle possède de respecter, soutenir les paroles d’un poème - (Musicienne ne couvrant pas les mot au profit de son propre jeu, …ou JE –- (Ce que s’autorisent quelques musiciens…musiciens ???. de notre époque,) –mais les « propulsant », leur donnant ainsi leur authentique dimension.
Rosa a permis la mise en valeur de la Poésie et de son interprétation.
Pouvoir du musicien, qui perçoit, -transmise par le comédien-, la tendresse qui se cache derrière l’écriture. Le public, pris à la fois par deux sensibilités, peut
entrer, …pénétrer à son tour …l’âme du poète.
Lorsque, deux interprétations, l’une musicale : chanson, air, refrain, sonorités, l’autre parlée- : poème, conte, pièce de théâtre, se mêlent, -du fait d’un travail en profondeur de chacune des deux parties- que la symbiose est parfaite, le miracle se produit : exprimées sur scène, alors, -et alors seulement-, les deux sensibilités réunies atteignent le public, éveillent en lui ce qui est profond, indicible…jusqu’à laisser ce public muet, sans voix, dans l’incapacité d’applaudir… Moment d’une exceptionnelle émotion, que cet instant, où l’intensité du ressenti des deux artistes est transmise de la scène à la salle toute entière… Partage !
Partage silencieux, bouleversant, universel, semblable à l’acte d’amour, lorsque que « les deux qui ne sont qu’un » voudraient ne plus jamais, jamais se réveiller.
Des heures et des heures de répétitions certes : mais But atteint, en trois minutes.
Strophes et refrains- mêlés, l’interprétation par Rosa de
« Dis, quand reviendras-tu ? -» de Barbara et de «La Soif » de Simone Raton, tout cela fait partie de ces grands moments d’émotion pure que je viens d’évoquer.
Pourquoi, cette nuit, ce texte écrit en Mai 1973 « LA SOIF » m’envahit-il à nouveau ? … Pourquoi ? Je suis peut-être poète, mais je me refuse à être psy !
Qui n’a pas connu un jour la souffrance que peut représenter le manque ?
Le manque ……………… de l’Autre … le manque de l’eau,…. la soif ?