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Surprenant

Sais-tu combien je t'ai aimée
Je fais semblant, pour l'amitié,
Mais je n'ai rien, rien oublié.
Tu me présentes quelqu'un d'autre ...
Je souris, je joue les apôtres,
Nous buvons à notre santé,
A nos amours, présents, passés,
Mais vois-tu, moi, je fais semblant,
Je tambourine, .....« ramplanplan »,
Je tape sur mes sentiments
Pour que passe, passe le temps
Puisque ça t'est indifférent
D'apprendre que je t'aime encore
Et que je souffre que ton corps
Soit dans un lit qui n'est pas mien,
Dans lequel tu te portes bien.
D'ailleurs, cela n'est pas ta faute
Si je t'aime : mais il faut que j'ôte
Ta vie de ma vie d'à présent ;
Non je n'y parviens pas vraiment
Lorsque tu viens, par amitié,
Passer quelques jours près de moi
Alors que je suis en émoi
Quand je te vois, quand je t'entends :
Je t'aime encore, c'est surprenant.

Pour  D.
Simone Raton
19 Juillet 1993
Surprenant
8 septembre 2010 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

« Et que tout dise "Ils ont aimé" » - extrait du Lac de Lamartine.

Je me réveille avec, dans ma tête,  ce texte « Le Lac » : Je me fais une petite répétition, pour vérifier où en est ma mémoire. A force de tout perdre, la voix, la vue, l’estomac, un poumon, etc.… la vieillesse quoi ! … je me méfie. Mais non, de ce côté-là, ça à l’air d’aller ! Il me semble  que la solitude n’est pas pour rien dans ce rappel à la Poésie que je feins d’ignorer, ne pouvant plus la dire, l’exprimer, en jouir, depuis sept longs mois.
Quand je pense que l’on dit aux enfants, aux lycéens, lorsqu’ils « récitent » : mets le ton ! Il y a tant de beaux textes qui correspondent à leur âge, à leurs désirs, à leur vécu !
Comment peut-on dire « Regarde, je viens seul m’asseoir sur cette pierre, où tu la vis s’asseoir » si l’on n’a pas vécu la passion d’abord, la perte de l’être aimé ensuite. Il n’y a que la vérité qui touche, qui puisse émouvoir en profondeur, faisant tantôt du bien tantôt du mal.
Mais en réfléchissant à chaque strophe de ce poème de Lamartine, je pense que cet homme était écologiste bien avant  l’heure. Lorsqu’il écrit « Oh lac, rochers muets, grottes, forêts obscures, VOUS QUE LE TEMPS EPARGNE… » Pouvait-il imaginer jusqu’où pourrait aller l’imbécillité humaine, ce non respect de la terre, de la nature, des animaux, de l’homme et de son environnement, dont on fait preuve à notre époque.
Bien sûr, je fais partie des pauvres : Mais tant mieux si je préfère regarder la pleine lune se lever, ou relire un poème, plutôt que de payer pour finalement comprendre qu’un coup de pied dans un ballon de football peut enrichir, dans un stade plein à craquer, une trentaine d’hommes ; et ce au détriment de tant d’autres qui n’ont pas même un œuf bien rond  à se mettre sous la dent.
Raymond Asso écrivait « Je suis le seul vrai Dieu, je suis l’unique Loi » (titre du poème : Combien)
Le monde change et changera, c’est certain : Encore faudrait-il que chacun d’entre nous s’emploie à créer des valeurs, des valeurs qui nous sont propres.  De ces valeurs qui serviraient  à toutes et tous sans exception,……. et dont chacun bénéficierait.
On se regroupe, on s’associe, on défile : Dans la réalité, le quotidien, que fait chaque individu, chaque jour, pour progresser même un tout petit peu : dans son comportement, sa façon de voir, de penser, de juger, d’être ? Moi y compris bien sûr !