24 août 2011
Certes la jeunesse rencontre de nos jours de graves difficultés, puisque, même avec un BAC plus ou moins quelque chose, il est très, très difficile, de trouver du travail. Mais par contre il n'est plus du tout, (mais plus du tout !) d'usage, présentement, lors de réunions de famille, de meubler par des chansons reprises en chœur -et bien souvent grivoises- les dimanches (uniques jours où l'on ne faisait RIEN) qui s'étiraient en longueur autour d'une table bien garnie, et encombrée de bouteilles vides.
Aujourd'hui Tout est permis dès que l'on a un instrument entre les mains. Quel que soit l'instrument ! Seul -ou de préférence en formation-, « un groupe » peut s'exprimer où bon lui semble, rues, métro, cafés, prairies verdoyantes, champs etc. On ne se contente plus de faire du bruit pour soi,on fait du bruit pour les autres… aussi.
Dans les années 68-75, il n'était pas recommandé de dire des poèmes dans les rues, avec pour seul accompagnement -et sans micro-, un orgue de barbarie.
A l'époque j'avais obtenu, du Ministère de la Culture, après demandes, refus, et beaucoup d'obstination de ma part, (genre papiers à fournir sur ma qualité de Française etc, ) l'autorisation de déclamer, de « poétiser dans les rues »….en posant un chapeau par terre ! Une façon de « faire la manche » plus ou moins autorisée, légalisée. Car « la Culture »- autre que maraîchère- ne faisait pas partie des préoccupations de cette époque - où l'on trouvait du travail, oui-, mais bien peu de distractions sensées élever l'esprit du bon peuple.
Les artistes, vous savez... Molière, Corneille, Racine Desnos, Prévert, Aragon, … d'accord mais…
Je faisais donc partie de la confrérie des marchandes de quatre saisons.
Les « marchands(es) de quatre saisons » existaient encore, en plein Paris, rue Rambuteau et ailleurs : En cas de contrôle policier pour cause de « trouble sur la voie publique » je pouvais justifier du titre de marchande de 4 saisons accordé par le Ministère de la Culture… Vous me direz qu'à y bien réfléchir, les quatre saisons ont bien souvent inspirées les poètes du temps jadis : Printemps ! Été ! Automne ! Hiver ! Ciel bleu, nuages, pluie, neige,- (Pas encore trop de tsunami, mot inconnu au bataillon !)- Chaque région n'a-t-elle pas de tout temps été source d'inspiration et de créativité en fonction des seules saisons ?
La différence entre une marchande de quatre saisons vendant sa salade en interpellant les passants, et moi disant des poème, c'est que le but n'est pas tout à fait le même,( et le gain non plus d'ailleurs !). Etre « marchande de quatre saisons c'est « travailler dur ». C'est, en apostrophant les passants, vendre fruits et légumes- produits de la terre -résultat d'un VRAI TRAVAIL ; Mais vouloir vivre de mots, de pensées,…d'émotions…Ce n'est que du vent, en quelque sorte ! Et qui est capable de vivre en vendant «du vent »en y trouvant son bonheur, hein ?
PS : Merci à celle que je ne remercie jamais, qui a su m'accompagner dans l'ombre, le temps de cette aventure à travers la France.