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24 août 2011 - Lien entre ma vie et mes poèmes, il me tient à coeur que vous lisiez ce préambule. Merci - S.R.

Certes la jeunesse rencontre de nos jours de graves difficultés, puisque, même avec un BAC plus ou moins quelque chose, il est très, très difficile, de trouver du travail. Mais par contre il n'est plus du tout, (mais plus du tout !) d'usage, présentement, lors de réunions de famille, de meubler par des chansons reprises en chœur -et bien souvent grivoises- les dimanches (uniques jours où l'on ne faisait RIEN) qui s'étiraient en longueur autour d'une table bien garnie, et encombrée de bouteilles vides.
Aujourd'hui Tout est permis dès que l'on a un instrument entre les mains. Quel que soit l'instrument ! Seul -ou de préférence en formation-, « un groupe » peut s'exprimer où bon lui semble, rues, métro, cafés, prairies verdoyantes, champs etc. On ne se contente plus de faire du bruit pour soi,on fait du bruit pour les autres… aussi.



 Contre tous ces ennuis conjugués
Il est certain que j'ai manqué
A mes devoirs de citoyenne
En venant vous conter les siennes
Des poètes, de rimailleurs,
Qui à la police font peur
Avec leurs idées de tendresse
Et ce grand besoin de caresses
Messieurs, qui avez ramassé
La Poésie, un soir d'été,
Messieurs, qui avez embarqué
Les poètes sans discuter,
Qui avez 'contraventionné',
Nous, qui ne pouvons pas payer
Pour avoir parlé dans les rues,
Prôné la foi et la vertu ...
Il est sûr qu'un jour vous saurez
Qu'il est bon que la vérité
Transperce un peu dans ce brouillard
Même s'il est parfois un peu « trop tard »
Messieurs, n'ayez plus le cœur dur,
Moi je sais bien, je vous assure,
Qu'un troubadour est nécessaire :
Aussi ne nous faîtes plus taire.


Poème dédié au Commissariat du 5ème arrondissement
Simone Raton
1976
  
Tapage nocturne

Je sais bien que la poésie,
Quelque fois, Messieurs, vous ennuie,
J'entends bien, nous faisons du bruit
Avec l'orgue de Barbarie
Un orgue qui n'a pas d'ampli
Qui date de Néfertiti -
Qui oblige à tendre l'oreille
Pour en écouter les merveilles !
Je sais bien je parle d'amour
ça ne s'entend plus tous les jours
C'est certain je dis la bonté,
La gentillesse, la beauté,
Et ces mots-là, à notre époque
Au coin d'une rue, ça suffoque,
On est si bien conditionnés,
On nous a si bien « éduqués »
Que les bruits qui nous vont au cœur
Ceux dont on garde la primeur
Ceux dont on ne saurait se passer
Ce sont les bruits de nos cités
C'est la moto qui pétarade
C'est le camion qui est en rade
Dont on a poussé le starter
Pour qu'il déplace un peu plus d'air ...
C'est le bruit de chaque télé
L'écho de la publicité
L'électrophone du voisin
C'est « Cloclo » et ses grands chagrins
Ce sont les gens dans l'escalier
Qui parlent bien fort au premier
Alors qu'il est minuit passé
Et que demain faut travailler ...
C'est aussi le marteau-piqueur
Qui nous broie la moelle, le cœur,
La sirène de nos agents
Qui nous transperce le tympan
C'est la voix du déménageur
Qui en a pour « une petite heure » ...
Tapage nocturne